Le géant sud-coréen de l’électronique envisage de mettre fin à sa gamme de téléviseurs LCD à points quantiques d’ici 2028, sous l’effet d’une concurrence chinoise agressive qui a profondément déstabilisé ce segment de marché.
C’est un tournant stratégique majeur qui se dessine chez Samsung. Le fabricant coréen prévoit de réduire drastiquement, puis d’abandonner, la production de ses téléviseurs intégrant la technologie des points quantiques sur dalle LCD, ces composants semi-conducteurs de quelques nanomètres qui permettent d’obtenir des couleurs plus riches et une gamme chromatique élargie par rapport à un rétroéclairage LED classique.
Les volumes de production seraient amenés à chuter de 80 % dès 2026 : de 10 millions d’unités fabriquées l’an dernier, Samsung ne produirait plus que 2 à 3 millions de téléviseurs de ce type. Sur un total annuel de 40 millions d’appareils, cela représente une contraction significative de l’offre. La gamme Neo QLED, qui repose sur un rétroéclairage Mini LED associé aux points quantiques, serait quant à elle définitivement arrêtée en 2028. Une source industrielle citée par le quotidien économique coréen ETnews précise que « le plan d’expédition de téléviseurs QD de Samsung Electronics pour cette année est tombé sous les 30 % de son niveau initial » et que les Neo QLED ne seront produits l’an prochain « qu’à hauteur de la moitié de cette année, avant un arrêt progressif de leur fabrication ».
La raison principale de ce retrait tient à la concurrence exercée par les fabricants chinois, qui commercialisent des téléviseurs estampillés « points quantiques » à des prix très bas, mais en utilisant des quantités infimes de ce matériau, voire en n’en incorporant pas du tout. Cette pratique, assimilée à de la contrefaçon technologique, a conduit Hansol Chemical, partenaire de Samsung pour cette technologie, à déposer plainte en 2024 contre TCL auprès de la Commission coréenne du commerce équitable. Le marché se retrouve ainsi pollué par des produits qui revendiquent des performances que leur conception ne permet pas d’atteindre, rendant la différenciation par la qualité de plus en plus difficile à valoriser commercialement.
Samsung ne tourne pas pour autant le dos aux points quantiques dans son ensemble. La technologie continuera d’être exploitée dans les téléviseurs QD-OLED, une gamme haut de gamme qui associe les points quantiques à des dalles OLED, offrant des performances nettement supérieures. Le groupe a d’ailleurs déjà amorcé une transition visible aux États-Unis avec le lancement de nouveaux modèles Mini LED, les M70H et M80H, qui font l’impasse sur les points quantiques sans pour autant renoncer à la qualité d’image.
Cette recomposition de l’offre illustre une tendance plus large dans l’industrie des téléviseurs haut de gamme : face à des concurrents asiatiques capables de produire à moindre coût des appareils techniquement comparables en apparence, les grands constructeurs sont contraints de repositionner leurs gammes vers des technologies plus difficiles à imiter ou à contrefaire.

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