Des centaines de touristes bloqués sur l’île yéménite de Socotra après une crise entre Riyad et Abou Dhabi
Des centaines de touristes bloqués sur l’île yéménite de Socotra après une crise entre Riyad et Abou Dhabi

Environ 600 touristes se retrouvent bloqués sur l’île isolée de Socotra après l’interruption soudaine du trafic aérien, conséquence directe d’un différend grandissant entre l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis autour du conflit yéménite. La fermeture de l’aéroport principal a empêché les visiteurs, arrivés en majorité via Abou Dhabi, de quitter l’archipel.

Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, les voyageurs manquent d’informations claires et craignent désormais de manquer d’argent liquide, les paiements électroniques étant inexistants sur l’île. Certains envisagent une évacuation via Djeddah, en Arabie saoudite, signe que le contrôle logistique de Socotra a récemment changé de mains.

Située à plus de 300 kilomètres des côtes du Yémen, Socotra était jusqu’à présent restée relativement épargnée par la guerre civile qui ravage le continent. Connue pour ses plages préservées et sa biodiversité unique, notamment le célèbre dragonnier, l’île était devenue ces dernières années une destination touristique de niche.

Depuis 2018, Socotra était toutefois passée sous l’influence des Émirats arabes unis, qui y avaient déployé des troupes et investi massivement dans les infrastructures, notamment l’aéroport. Cette présence s’inscrivait dans une stratégie régionale visant à renforcer le contrôle des voies maritimes autour du détroit de Bab el-Mandeb, axe clé du commerce mondial.

Cette domination est aujourd’hui fragilisée par la rupture entre Riyad et Abou Dhabi au Yémen. L’Arabie saoudite soutient le gouvernement yéménite reconnu internationalement, tandis que les Émirats appuient le Conseil de transition du Sud, mouvement séparatiste qui contrôle encore l’île. Selon des sources aéroportuaires, l’aéroport n’est plus sous contrôle émirati et demeure fermé.

Sur place, la situation devient préoccupante pour les touristes, dont certains affirment n’avoir pas été informés des risques géopolitiques au moment de réserver leur séjour. Si l’île reste calme pour l’instant, l’incertitude sur la reprise des vols et l’évolution du rapport de force régional fait planer le risque que ce havre longtemps préservé soit à son tour rattrapé par les tensions du conflit yéménite.

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