L’accord entre Israël et le Liban déjà menacé : les experts redoutent une impasse durable et de nouvelles tensions
L’accord entre Israël et le Liban déjà menacé : les experts redoutent une impasse durable et de nouvelles tensions

L’accord-cadre de sécurité signé le 26 juin entre Israël et le Liban, présenté par ses promoteurs comme une avancée majeure vers la stabilité, suscite un profond scepticisme chez de nombreux analystes. Selon eux, le texte risque davantage de prolonger le conflit que d’y mettre un terme, en conditionnant le retrait des forces israéliennes du sud du Liban au désarmement du Hezbollah, une exigence jugée irréalisable.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a salué un « accomplissement historique », tandis que le président libanais a présenté l’accord comme une étape vers le rétablissement de la pleine souveraineté du pays. Mais sur le terrain politique et militaire, les observateurs estiment que les conditions prévues par le texte sont difficilement applicables.

Le Hezbollah a catégoriquement rejeté toute perspective de désarmement, et de nombreux experts estiment qu’aucun gouvernement libanais ne dispose des moyens politiques ou militaires nécessaires pour imposer une telle décision. Dans ces conditions, Israël pourrait invoquer le non-respect de l’accord pour maintenir durablement sa présence militaire dans le sud du Liban, où ses troupes sont entrées après les tirs du Hezbollah du 2 mars, effectués en soutien à Téhéran durant la guerre contre l’Iran.

Les analystes considèrent que cet accord place les autorités libanaises dans une situation particulièrement délicate. Elles se retrouvent confrontées à des obligations qu’elles ne sont pas en mesure de remplir, tout en restant incapables de restaurer pleinement leur souveraineté sur l’ensemble du territoire. Cette difficulté est renforcée par le système politique libanais, fondé sur un équilibre confessionnel et le partage du pouvoir plutôt que sur la contrainte.

Un haut responsable politique libanais, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a qualifié le texte de « règlement imposé » plutôt que de véritable accord. Selon lui, l’armée libanaise ne dispose ni des capacités ni des équipements nécessaires pour désarmer le Hezbollah, dont l’influence militaire et politique demeure profondément enracinée dans le pays.

Pour plusieurs spécialistes, le principal défaut de l’accord réside dans son déséquilibre. Il impose d’importantes obligations au Liban sans garantir de manière ferme le retrait des forces israéliennes. Faute de mécanismes de mise en œuvre réalistes, ils craignent que cet accord ne fige le statu quo, prolonge les tensions entre les deux pays et fasse peser un risque accru d’instabilité politique et de troubles civils au Liban.

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