Invité sur RTL ce mardi 6 mai, le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a exprimé sa vive inquiétude quant à l’état de santé de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, emprisonné en Algérie depuis novembre 2024. Il a confirmé que l’auteur était actuellement hospitalisé et a exhorté les autorités algériennes à faire preuve d’humanité.
Une situation « très difficile et très lourde »
Âgé de 75 ans, Boualem Sansal a été condamné le 27 mars à cinq ans de prison ferme par le tribunal de Dar El Beida. Selon Jean-Noël Barrot, l’écrivain est désormais hospitalisé, mais le suivi de sa situation reste complexe, dans un contexte de fortes tensions diplomatiques entre la France et l’Algérie. « Nous suivons sa situation tant bien que mal », a déclaré le ministre, évoquant les difficultés d’accès consulaire après l’expulsion par Alger de douze agents français en avril.
Le chef de la diplomatie française a rappelé que Paris n’a cessé de solliciter un geste en faveur de Sansal : « De manière publique, de manière discrète, par tous les canaux, et depuis des mois, nous avons appelé à un geste d’humanité, en raison de son âge et de sa situation de santé. » Il a insisté sur le fait que la gravité de son état exige « un minimum d’humanité » de la part des autorités algériennes, malgré les récentes tensions.
Une crise diplomatique paralysée
Jean-Noël Barrot a également confirmé que l’ambassadeur de France à Alger est toujours à Paris, et a jugé que la situation était « bloquée », en imputant la responsabilité aux autorités algériennes. Il a dénoncé une « décision très violente » d’Alger et mis en garde contre l’instrumentalisation de la relation franco-algérienne : « Nous avons intérêt à ne pas faire de l’Algérie un sujet de politique intérieure, car cela nuit à nos compatriotes franco-algériens. »
L’appel du ministre intervient dans un climat tendu, où les possibilités d’intervention diplomatique sont limitées. La santé de Boualem Sansal devient ainsi un point central des relations gelées entre Paris et Alger, et un test pour la capacité des deux pays à dialoguer au-delà des crispations politiques.