L’Iran a confirmé officiellement la mort d’Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, tué lors d’une frappe d’Israël dans la nuit du 16 au 17 mars. Cette annonce arrive plusieurs heures après que l’armée israélienne ait affirmé plus tôt dans la journée avoir « éliminé » l’un des principaux dirigeants iraniens.
Une figure centrale du régime iranien
Né en 1957 à Najaf, en Irak, au sein d’une famille religieuse influente, Ali Larijani s’impose rapidement comme un intellectuel du régime. Philosophe de formation, il soutient une thèse consacrée à Emmanuel Kant avant d’intégrer les cercles du pouvoir.
Proche du Guide suprême Ali Khamenei, il occupe plusieurs fonctions stratégiques au sein de l’appareil d’État, notamment à la tête de la télévision publique iranienne, puis comme négociateur sur le dossier nucléaire. Président du Parlement iranien de 2008 à 2020, il incarne une ligne conservatrice pragmatique, réputée pour sa capacité à composer avec les différentes factions du régime.
Moins radical que certains ultra-conservateurs, il se positionne comme un homme de compromis. Écarté de la présidentielle en 2021, il demeurait néanmoins influent en coulisses et considéré comme l’un des piliers du pouvoir iranien.
Une frappe ciblée
Ali Larijani a été tué lors de frappes aériennes israéliennes visant des infrastructures stratégiques à Téhéran. Cette opération est dans la continuité d’une campagne plus large de ciblage des responsables iraniens de haut rang.
La frappe a également coûté la vie à son fils, qui travaillait à ses côtés, ainsi qu’à son adjoint.
Le décès confirmé d’un autre haut responsable militaire
Un peu plus tôt dans la soirée, les Gardiens de la Révolution iraniens ont confirmé la mort du général Gholamreza Soleimani, qui dirigeait l’organisation paramilitaire Bassidj. Sa mort avait été annoncée dans la matinée par l’armée israélienne, avant d’être reconnue par Téhéran dans un communiqué officiel évoquant son « martyr glorieux ».
Un tournant pour le régime iranien
La disparition d’Ali Larijani constitue un choc politique pour l’Iran. Figure clé du système, à la croisée des sphères politique, sécuritaire et diplomatique, il jouait un rôle central dans la gestion des crises et la définition des orientations stratégiques du pays.