« Grand Ciel » : thriller social sur un chantier où les ouvriers disparaissent
« Grand Ciel » : thriller social sur un chantier où les ouvriers disparaissent

En salles le 21 janvier 2026, Grand Ciel marque les débuts au long-métrage d’Akihiro Hata, cinéaste japonais installé en France depuis une vingtaine d’années. Le film suit Vincent, un intérimaire sur un chantier de construction d’un nouveau quartier présenté comme “responsable”, où la pression économique et les règles de sécurité à géométrie variable dessinent un quotidien déjà inquiétant. Quand des ouvriers commencent à disparaître, l’édifice bascule : l’indifférence de la hiérarchie et la peur de perdre sa place font le reste.

Un héros pris entre survie sociale et solidarité ouvrière

Vincent, interprété par Damien Bonnard, tente de stabiliser sa vie : il espère s’installer avec Nour (Mouna Soualem) et son fils. Sur le chantier, un collègue disparaît, puis un autre. Saïd (Samir Guesmi), plus combatif et proche des mobilisations collectives, cherche des explications et interpelle l’encadrement, pendant que Vincent choisit d’avaler ses doutes, encouragé par la perspective d’un poste moins précaire. Cette tension entre ambition personnelle, lâcheté possible et instinct de survie nourrit le cœur du récit.

Un drame du travail qui glisse vers l’étrange

Sans quitter la réalité d’un monde du BTP filmé au plus près, Grand Ciel installe une ambiance de plus en plus trouble : la lumière crue du jour s’oppose aux nuits sombres et poussiéreuses du chantier, tandis que le son et la profondeur de champ transforment les sous-sols en labyrinthe anxiogène. Dans un entretien à Ouest-France, Akihiro Hata résume l’idée qui traverse son film : « Le poison du travail contamine tout le reste ». Le résultat est une greffe assumée entre chronique sociale, suspicion et fantastique, où la disparition des hommes devient aussi celle de leur valeur aux yeux d’un système.

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