Confronté à des accusations récurrentes sur la faiblesse des revenus perçus par les artistes via le streaming, Spotify contre-attaque avec des chiffres impressionnants. Dans son dernier rapport annuel Loud & Clear, publié le 13 mars, la plateforme suédoise affirme avoir versé 4,5 milliards de dollars aux auteurs-compositeurs et ayants droit d’édition au cours des deux dernières années. Un montant qui, selon elle, témoigne de l’évolution de son modèle économique et de la croissance du marché du streaming. De plus, ses paiements aux ayants droit ont été multipliés par dix en une décennie, selon les données relayées par Variety.
Le rapport souligne également une autre tendance : de plus en plus d’artistes génèrent des revenus significatifs grâce à Spotify. En effet, le nombre de musiciens percevant entre 1 000 et 10 millions de dollars par an a triplé depuis 2017. Parmi eux, près de 1 500 ont engrangé plus d’un million de dollars de royalties en 2024, et 80 % d’entre eux ne figuraient même pas dans le Top 50 quotidien mondial. La plateforme rappelle aussi son poids dans l’industrie musicale, précisant qu’elle a redistribué 10 milliards de dollars aux maisons de disques, éditeurs et sociétés de gestion des droits en 2024.
Cependant, malgré ces chiffres impressionnants, les critiques persistent. L’Union des musiciens et travailleurs assimilés (Union of Musicians and Allied Workers) dénonce une rémunération jugée insuffisante pour les artistes indépendants et émergents. L’organisation affirme à TechCrunch que « Spotify ne paie directement rien aux artistes », pointant du doigt un modèle économique qui favorise les grandes maisons de disques et les plateformes d’édition au détriment des créateurs eux-mêmes. De son côté, Spotify se défend en expliquant que les revenus sont calculés en fonction de la part de flux d’un artiste sur l’ensemble des écoutes, et non via un tarif fixe par stream. Malgré cette tentative de transparence, le débat reste ouvert sur la question de l’équité des rémunérations dans l’ère du streaming musical.