Le palmarès 2025 des prestigieux prix Pulitzer a récompensé, lundi, l’excellence du journalisme américain pour l’année 2024. Le New York Times s’est particulièrement illustré avec quatre récompenses, suivi de près par le New Yorker, qui en a remporté trois. Le Washington Post, quant à lui, a été salué pour sa couverture en temps réel de la tentative d’assassinat contre Donald Trump l’été dernier.
Le prix le plus convoité, celui du service public, a été attribué pour la seconde année consécutive à ProPublica. L’enquête, menée par Kavitha Surana, Lizzie Presser, Cassandra Jaramillo et Stacy Kranitz, s’est penchée sur les conséquences tragiques des lois anti-avortement dans certains États américains, documentant les décès de femmes enceintes privées de soins médicaux urgents.
Le Washington Post a été honoré pour la qualité « urgente et éclairante » de sa couverture de l’attentat contre Donald Trump. La dessinatrice Ann Telnaes a également été récompensée pour son audace : elle avait quitté le journal en janvier, après que celui-ci a refusé de publier une caricature critiquant les relations entre le patron de la tech et propriétaire du Post, Jeff Bezos, et Trump. Le jury a salué sa « témérité ».
Le New York Times a démontré l’étendue de ses capacités avec des reportages primés depuis l’Afghanistan, le Soudan, Baltimore et la Pennsylvanie. Doug Mills a reçu le prix de la photographie d’actualité pour un cliché saisissant capturant une balle en plein vol lors de l’attaque contre Trump. Le Times a aussi été récompensé pour son analyse des échecs de la politique américaine en Afghanistan, ainsi que pour une enquête sur le conflit soudanais.
Le journal s’est également illustré aux côtés du média local The Baltimore Banner, né il y a trois ans. Ensemble, ils ont remporté le prix du reportage local pour une série d’articles sur la crise du fentanyl à Baltimore et ses répercussions disproportionnées sur les hommes noirs. « C’est un moment historique pour nous », a déclaré la rédactrice en chef Kimi Yoshino, saluant le travail de proximité du journalisme local.
Reuters a remporté un prix pour une enquête fouillée sur la chaîne d’approvisionnement du fentanyl, dénonçant des régulations laxistes favorisant sa diffusion. D’autres médias, comme inewsource.org à San Diego, ont été finalistes pour leurs travaux visuels sur ce même sujet.
Le New Yorker a été récompensé pour ses chroniques sur Gaza, son podcast In the Dark sur les crimes de guerre commis par l’armée américaine en Irak, ainsi que pour un reportage photo sur la prison syrienne de Sednaya. Le Wall Street Journal a de son côté obtenu un prix pour sa couverture d’Elon Musk, explorant ses relations avec Vladimir Poutine, ses dérives politiques et ses consommations de drogues.
Un hommage posthume a également été rendu à Chuck Stone, figure pionnière du journalisme afro-américain, pour l’ensemble de son œuvre et son engagement durant le mouvement des droits civiques. Parmi les autres lauréats, Mark Warren (Esquire) a remporté le prix du reportage de fond pour le portrait sensible d’un pasteur qui s’est suicidé après avoir été ciblé par un site ultraconservateur. Alexandra Lange (Bloomberg CityLab) a été saluée pour ses critiques sur l’aménagement des espaces publics, et le Houston Chronicle a remporté le prix de l’éditorial pour une série sur les passages à niveau dangereux.
Enfin, l’Associated Press a été finaliste pour sa propre couverture de la tentative d’assassinat de Trump, ainsi que pour une enquête collaborative avec PBS Frontline et deux universités américaines, révélant plus de 1 000 décès causés par des techniques policières censées être non létales. Une édition 2025 des Pulitzer marquée par la rigueur, la profondeur et la résilience du journalisme face aux défis contemporains.