Olivier Faure, Raphaël Glucksmann, Jérôme Guedj, Emmanuel Maurel et Ségolène Royal sont attendus ce mercredi 23 septembre à 20 h 40 sur LCI. Après plusieurs semaines de campagne et des désaccords déjà exprimés publiquement, ce premier rendez-vous télévisé doit permettre de confronter leurs propositions devant les Français.
La campagne de la primaire organisée par le Parti socialiste et Place publique entre dans sa phase télévisée. L’émission de ce soir, proposée en partenariat avec Le Parisien–Aujourd’hui en France, adoptera le format « Face aux Français » : une dizaine de citoyens interrogeront les candidats sur les questions internationales, le pouvoir d’achat, la dette publique ou encore la transition écologique. Le premier tour du scrutin est prévu les 9 et 10 octobre, suivi, si nécessaire, d’un second tour les 16 et 17 octobre.
Olivier Faure : défendre le rassemblement et le financement de la protection sociale
Le premier secrétaire du PS aborde ce rendez-vous après avoir défendu ses choix d’alliance à la tête du parti. Le 17 septembre, sur franceinfo, il a rappelé les accords électoraux conclus à gauche en 2022 et en 2024, ainsi que la nécessité de disposer d’une majorité parlementaire pour appliquer un programme. Face à Raphaël Glucksmann, qui exclut la présence de ministres insoumis dans un éventuel gouvernement, Olivier Faure insiste sur le rassemblement des électeurs de gauche, sans annoncer d’accord gouvernemental avec LFI.
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Le financement de la protection sociale constitue un autre désaccord. Olivier Faure juge « absurde » la proposition de son concurrent consistant à taxer davantage les gros héritages pour réduire les cotisations sociales et rapprocher le salaire net du brut. Il défend ces cotisations comme un « salaire différé ». Dans son livre La loi du plus juste, paru le 17 septembre, il met aussi en avant la transition écologique et les souverainetés alimentaire et numérique.
Raphaël Glucksmann : l’écologie et le refus de gouverner avec LFI
Le dirigeant de Place publique poursuit sa campagne avec le soutien de responsables socialistes et écologistes. Samedi 19 septembre, il participait aux Rencontres de la gauche à Bram, dans l’Aude, organisées par Carole Delga. La présidente de la région Occitanie y a réaffirmé son soutien, tout comme Yannick Jadot. Ce déplacement a permis à l’eurodéputé de présenter sa candidature devant des élus, des militants et des sympathisants réunis dans un territoire rural. Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel participaient également à cette journée.

Sur le plan programmatique, Raphaël Glucksmann promet d’engager une « révolution écologique » dans les cent premiers jours d’un éventuel mandat, en associant réduction des émissions, réindustrialisation et développement des énergies renouvelables. Yannick Jadot est chargé de préparer cette séquence. Sur les alliances, sa position est explicite : il a réaffirmé le 16 septembre que LFI n’aurait pas de place dans son gouvernement. Cette déclaration a provoqué une réponse d’Olivier Faure sur le bilan des rassemblements électoraux précédents.
Jérôme Guedj : protection sociale et recherche de compromis
Le député de l’Essonne développe ses propositions dans son livre La République, c’est nous. Parmi les mesures qu’il défend figure la création d’une Sécurité sociale unique, qui réduirait fortement la place des mutuelles et des assurances privées dans la couverture des soins. Il propose également que le Parlement planifie l’immigration en fonction des capacités d’accueil et des besoins économiques du pays, tout en renforçant la lutte contre les discriminations à l’embauche.

Sur les retraites, Jérôme Guedj souhaite remplacer la référence à un âge légal de départ par une logique centrée sur la durée de cotisation, avec une meilleure prise en compte de la pénibilité et des interruptions de carrière liées aux naissances. Il assume aussi la recherche de compromis avec le centre, voire une partie de la droite. Tout en reconnaissant des convergences avec Raphaël Glucksmann, il maintient sa candidature et entend défendre ces propositions dans les débats de la primaire.
Emmanuel Maurel : réindustrialisation, souveraineté et unité de la gauche
Candidat depuis le 4 septembre, le député du Val-d’Oise Emmanuel Maurel représente la Gauche républicaine et socialiste. Il résume son orientation en trois verbes : « démondialiser, démocratiser, démarchandiser ». Invité de Public Sénat lundi 21 septembre, il a notamment défendu la relocalisation des entreprises et le développement d’une industrie française moins dépendante de l’extérieur. La souveraineté économique occupe ainsi une place centrale dans les positions qu’il présente pendant cette campagne.

Concernant l’énergie, Emmanuel Maurel défend une réponse de long terme à la hausse des prix des carburants, reposant notamment sur le nucléaire et les énergies renouvelables. Il plaide parallèlement pour une candidature et une orientation communes à gauche, tout en reconnaissant les différences qui traversent cette famille politique. Son intervention de lundi a ainsi associé propositions industrielles et énergétiques à un appel au rassemblement, au-delà de la seule compétition entre les cinq participants à la primaire.
Ségolène Royal : le retour à « l’ordre juste »
Ségolène Royal a tenu mardi soir sa première réunion publique de campagne à Alfortville, dans le Val-de-Marne, une commune dirigée par l’un de ses soutiens, Luc Carvounas. L’ancienne candidate socialiste à la présidentielle de 2007 y a repris son slogan de « l’ordre juste », auquel elle associe désormais celui de « La France tranquille ». Elle a notamment insisté sur l’exemplarité de l’État et des institutions, ainsi que sur la protection des jeunes générations face aux crises, sans présenter à cette occasion de programme détaillé, selon l’AFP.

Sa campagne a également été marquée par une confrontation avec Raphaël Glucksmann. Après qu’elle l’a comparé à un « stagiaire », l’eurodéputé lui a répondu en critiquant son parcours et ses demandes de fonctions auprès d’Emmanuel Macron. La commission d’organisation de la primaire est intervenue lundi 21 septembre pour rappeler à Ségolène Royal que la charte signée par les candidats interdit les attaques personnelles. Elle a demandé à l’ensemble des participants de respecter un esprit de camaraderie.
Le recours de Philippe Brun accompagne cette journée de campagne
Une incertitude demeure ce mercredi matin autour de Philippe Brun. Suspendu du PS à titre conservatoire et écarté de la primaire après des accusations de violences et de harcèlement, qu’il conteste, le député de l’Eure a saisi la justice pour obtenir sa réintégration. La décision sur son référé est attendue à 10 heures. Les cinq candidatures annoncées pour l’émission de ce soir correspondent donc à la liste retenue par les organisateurs avant cette décision.
Après le rendez-vous de LCI, deux autres débats sont programmés : le 1er octobre sur France 2 et le 4 octobre sur BFMTV. Ces émissions précéderont le vote d’octobre, destiné à désigner le candidat de cet espace politique pour la présidentielle de 2027. La campagne a déjà fait apparaître des différences sur les alliances, la protection sociale, l’industrie et l’écologie, auxquelles se sont ajoutées des confrontations personnelles. Ce soir, les candidats répondront pour la première fois aux questions des citoyens dans une même émission.

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