Dix-sept États américains, rejoints par Washington D.C., ont intenté une action en justice lundi contre l’administration Trump, accusée de bloquer illégalement le développement de l’énergie éolienne, tant sur terre qu’en mer. La plainte, déposée devant un tribunal fédéral du Massachusetts, vise un décret signé par Donald Trump dès son retour à la Maison-Blanche, gelant tous les permis, financements et autorisations liés aux projets éoliens.
Les procureurs généraux à l’origine de la procédure affirment que le président n’a pas le pouvoir de suspendre unilatéralement ces démarches administratives. Ils dénoncent une atteinte grave aux ambitions économiques, sanitaires et climatiques des États, qui misent massivement sur l’éolien pour réussir leur transition énergétique. « Cette directive arbitraire et inutile menace des milliers d’emplois bien rémunérés, des milliards d’investissements, et retarde notre sortie des énergies fossiles », a déclaré Letitia James, procureure générale de l’État de New York, qui pilote la coalition.
Depuis sa réélection, Donald Trump multiplie les mesures pour démanteler les politiques climatiques de son prédécesseur. Il a stoppé des projets clés, comme Empire Wind, un champ éolien offshore à 30 % achevé au large de Long Island, en invoquant des « irrégularités juridiques » supposées dans la procédure de délivrance des permis. Pourtant, la société norvégienne Equinor, soutenue par son gouvernement, avait suivi un processus d’approbation de sept ans. Elle étudie désormais ses options juridiques.
L’énergie éolienne représente aujourd’hui près de 10 % de l’électricité produite aux États-Unis, en faisant la première source d’énergie renouvelable du pays. Plusieurs États, notamment sur la côte Est, ont investi massivement dans l’éolien en mer pour répondre à leurs objectifs climatiques, tout en développant des infrastructures de transport d’électricité adaptées. La décision présidentielle entre ainsi en contradiction avec des années de soutien bipartisan à ce secteur, soulignent les plaignants.
Le décret présidentiel touche aussi la recherche : des financements fédéraux pour des projets éoliens flottants ont été suspendus dans le Maine, et un permis a été annulé pour un projet au large du New Jersey. Des projets en cours dans le Massachusetts — dont Vineyard Wind — sont désormais menacés, alors que l’État y voit un levier majeur pour garantir des emplois verts et une énergie fiable à ses habitants.
Alors que des pays comme le Royaume-Uni ou le Canada accélèrent leur transition vers l’éolien offshore, les États plaignants appellent à la reprise immédiate des projets gelés. Ils demandent au tribunal d’annuler le décret présidentiel et de bloquer toute mise en œuvre par les agences fédérales.