Un Syrien jugé en Allemagne pour une attaque mortelle au couteau qui relance le débat sur l’immigration
Un Syrien jugé en Allemagne pour une attaque mortelle au couteau qui relance le débat sur l’immigration

DÜSSELDORF, 27 mai – Le procès d’un ressortissant syrien accusé d’avoir tué trois personnes lors d’une attaque au couteau à Solingen, dans l’ouest de l’Allemagne, s’est ouvert mardi à Düsseldorf. L’affaire, revendiquée par le groupe État islamique, a ravivé les tensions politiques autour de l’immigration et de la sécurité intérieure.

L’accusé, identifié comme Issa al H., âgé de 27 ans, est poursuivi pour trois chefs de meurtre et dix chefs de tentative de meurtre. Il est également accusé d’appartenance à une organisation terroriste étrangère. L’attaque s’était produite en 2024 lors d’un festival local, où il aurait poignardé plusieurs personnes par derrière, semant la panique dans la foule.

Dès la première journée d’audience, l’accusé a reconnu sa culpabilité par le biais de son avocat. Vêtu d’une combinaison bleue, la tête baissée, il a exprimé ses regrets et présenté ses excuses aux proches des victimes. « J’ai attiré sur moi une lourde culpabilité », a-t-il déclaré, sans toutefois commenter les liens présumés avec l’État islamique.

Si la justice le reconnaît coupable, il encourt une peine de réclusion à perpétuité. Le parquet n’a pas encore présenté l’ensemble des preuves concernant une éventuelle coordination directe avec le groupe jihadiste, mais l’affaire a déjà eu un impact retentissant sur le climat politique allemand.

L’attaque de Solingen a déclenché un vif émoi dans l’opinion publique et a alimenté le débat sur la criminalité parmi les migrants. À l’approche des élections de février dernier, la question migratoire est devenue centrale. Le scrutin a été remporté par les conservateurs menés par Friedrich Merz, fervent défenseur d’une ligne dure sur l’immigration.

Depuis son entrée en fonction ce mois-ci, le nouveau gouvernement a entrepris de fermer les frontières aux migrants sans papiers et de durcir les expulsions, y compris vers des pays comme la Syrie et l’Afghanistan, jusqu’alors jugés trop instables pour permettre des retours forcés. Cette politique marque un tournant important en matière d’accueil des réfugiés, dans un pays qui avait largement ouvert ses portes en 2015.

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