Un site russe : trump a-t-il approuvé le contrôle d'odessa par poutine ?
Un site russe : trump a-t-il approuvé le contrôle d'odessa par poutine ?

Un rapport publié sur le site russe « News Re » s’interroge sur les coulisses de l’appel téléphonique entre le président américain Donald Trump et son homologue russe Vladimir Poutine mardi dernier. Il questionne la véracité des fuites concernant un accord entre les deux dirigeants sur le contrôle de la ville d’Odessa et de son port stratégique par Moscou.

Les auteurs du rapport, Olesya Kazakova et Pavel Vorobyov, soulignent que cette conversation coïncidait avec l’anniversaire de l’annexion de la Crimée par la Russie. Cela pourrait laisser penser que Trump est prêt à faire d’importantes concessions à Moscou afin d’aboutir à un accord pour mettre fin à la guerre.

Selon eux, le journal New York Times a révélé que Trump aurait donné son accord, lors de cet appel, au contrôle russe d’Odessa, en plus de la Crimée et des territoires occupés depuis le début de l’opération militaire actuelle.

Ce que l’Ukraine risque de perdre

Dans son article intitulé « La conversation Trump-Poutine se concentre sur ce que l’Ukraine va perdre », le New York Times affirme que le président américain cherche à rester prudent et évite d’entrer dans les détails des discussions qu’il a eues avec les représentants du gouvernement ukrainien. Son administration s’attend à ce que la Russie conserve le contrôle des territoires qu’elle occupe actuellement, soit environ 20 % du territoire ukrainien.

Le journal américain ajoute que les conseillers du président ukrainien Volodymyr Zelensky ont exprimé, le mois dernier, leurs craintes que Trump puisse accéder à d’autres demandes de Poutine, notamment la cession du port stratégique d’Odessa à Moscou.

Les auteurs du rapport citent la journaliste Yulia Vitiazeva, qui estime que ces fuites sur l’accord de Trump à la prise de contrôle d’Odessa pourraient être des manipulations américaines visant à mettre en évidence la faiblesse de la position de Kiev et sa dépendance totale vis-à-vis de ses alliés, afin de la pousser à plus de souplesse dans les négociations.

Une provocation du parti démocrate

Pour sa part, l’expert militaire russe Alexandre Khramtchikhin considère que ces informations sur un possible transfert du port d’Odessa sous contrôle russe ne sont qu’une provocation orchestrée par le parti démocrate.

De son côté, Vitiazeva rejette toute base réelle à ces allégations, affirmant qu’il ne s’agit que de rumeurs. Selon elle, il est peu probable que Trump fasse un tel cadeau à la Russie. Elle estime que « le seul sujet qui pourrait être discuté, mais avec beaucoup de difficultés, serait la reconnaissance de l’annexion de la Crimée », car c’est une réalité de fait et de droit selon la Constitution russe, bien que l’Occident refuse de l’admettre.

Elle ajoute : « Pour le reste, il faut faire preuve de patience. Les Américains ne donneront pas Odessa à la Russie. Et si un tel sujet venait à être abordé, ce serait en échange de quelque chose ou dans le cadre d’un piège ».

De son côté, Khramtchikhin exclut que Trump puisse forcer Kiev à céder du terrain, hormis les zones déjà occupées par l’armée russe. « Je ne pense pas que Zelensky cédera à Trump pour le moment, étant donné la position de l’Europe qui continue de soutenir Kiev », conclut-il.

Comment Moscou pourrait-elle prendre Odessa ?

Vitiazeva rappelle qu’Odessa revêt une grande importance historique, économique, militaire et politique pour la Russie. « En plus d’être un port maritime, Odessa est une ville historiquement russe. La Russie y a investi des sommes colossales depuis l’époque de Catherine la Grande jusqu’à aujourd’hui », explique-t-elle.

Elle souligne également que la ville constitue un point stratégique essentiel, mais que Moscou n’a jamais nourri d’illusions sur sa récupération. Elle appelle donc à une approche plus réaliste, sans se laisser influencer par les spéculations médiatiques. « Le jour où Odessa reviendra à la Russie, nous en parlerons plus en détail et de manière plus objective », conclut-elle.

Enfin, Khramtchikhin estime que la prise de territoires ne peut se faire que par la force militaire. Pour lui, les conflits ne se règlent qu’après une victoire sur le champ de bataille. Il considère qu’une cession pacifique d’Odessa par Kiev ne pourrait survenir que si l’Ukraine perdait totalement sa capacité à poursuivre la guerre, comme ce fut le cas de l’Allemagne au printemps 1945. Toutefois, il écarte un tel scénario pour le moment.

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