WASHINGTON — Le président américain Donald Trump s’apprête à signer une proclamation instaurant une nouvelle initiative baptisée « Projet Homecoming », visant à inciter les migrants en situation irrégulière aux États-Unis à quitter volontairement le pays, selon un haut responsable de la Maison Blanche cité vendredi.
Cette initiative prévoit un mélange de carotte et de bâton : les migrants se verront proposer une aide financière de 1 000 dollars et une assistance logistique pour retourner dans leur pays d’origine s’ils acceptent de partir de leur plein gré. En cas de refus, ils seront exposés à des sanctions sévères, à une expulsion forcée et à une application renforcée des lois migratoires, précise un projet de proclamation consulté par Reuters.
Trump, revenu au pouvoir en janvier, a promis de faire de l’expulsion des migrants une priorité majeure de son second mandat. Pourtant, jusqu’à présent, son administration a poursuivi, voire ralenti, certaines mesures d’expulsion lancées sous son prédécesseur Joe Biden, qui avait lui-même fait face à une forte pression sur la frontière sud.
Le département de la Sécurité intérieure a déjà annoncé en début de semaine les contours de ce plan, incluant la prime au départ et une aide au voyage. Mais certains défenseurs des droits des migrants critiquent la mesure, soulignant le besoin urgent d’un accompagnement juridique pour les migrants confrontés à de telles décisions.
Selon le texte en préparation, Trump entend également mobiliser une « vague d’expulsions à grande échelle et agressive », accompagnée du déploiement de 20 000 agents supplémentaires pour mettre en œuvre cette politique. Le détail des moyens humains utilisés pour constituer cette force reste flou, notamment concernant le recours à des agents fédéraux déjà en poste ou à de nouveaux recrutements.
Par le passé, l’administration Trump a déjà tenté d’instaurer des politiques d’« auto-expulsion », notamment en menaçant les migrants de lourdes amendes, en révoquant leur statut légal et en envisageant leur transfert vers des centres de détention controversés comme Guantanamo Bay ou certaines prisons en Amérique centrale.
L’annonce à venir s’inscrit dans une stratégie plus large de Trump visant à durcir considérablement la politique migratoire des États-Unis. Cette posture devrait marquer les débats politiques à l’approche des prochaines échéances électorales.