Ce mercredi, la Cour suprême brésilienne doit décider si l’ex-président Jair Bolsonaro sera renvoyé en procès pour avoir tenté de fomenter un coup d’État après sa défaite à l’élection présidentielle de 2022. L’ancien chef de l’État, âgé de 70 ans, est accusé d’avoir dirigé une « organisation criminelle » visant à se maintenir au pouvoir, quel que soit le verdict des urnes. Il encourt plus de 40 ans de prison.
Un « noyau crucial » de comploteurs
Mardi, lors d’une journée d’audience retransmise en direct, le parquet a exposé ses charges, appuyées par un rapport de 900 pages de la police fédérale. Celui-ci évoque un plan pour annuler les élections, décrédibiliser le système de vote électronique et même assassiner Lula, son vice-président Geraldo Alckmin, ainsi que le juge Alexandre de Moraes. Ce dernier, honni des bolsonaristes, sera le premier à se prononcer ce mercredi parmi les cinq magistrats appelés à trancher.
Jair Bolsonaro a choisi d’assister en personne à l’audience, assis au premier rang avec son avocat. Dans un communiqué, il s’est dit victime de la « plus grande persécution politico-judiciaire de l’histoire du Brésil ». Déjà inéligible jusqu’en 2030 pour avoir attaqué sans preuves le système électoral, il espère néanmoins pouvoir se représenter en 2026.
Des accusations graves, des soutiens fragiles
Outre Bolsonaro, 34 autres personnes sont inculpées dans ce dossier, parmi lesquelles d’anciens ministres et des militaires de haut rang, tous soupçonnés de faire partie du « noyau crucial » du complot. L’accusation estime que leur stratégie a culminé avec les violences du 8 janvier 2023, quand des milliers de partisans bolsonaristes ont envahi et saccagé les sièges des trois pouvoirs à Brasilia.
L’ex-président, qui se trouvait alors aux États-Unis, nie toute implication et dénonce un « procès politique ». Il espère que son allié Donald Trump, avec qui il entretient des relations étroites, interviendra en sa faveur. Sa popularité semble toutefois en recul, comme l’a montré le faible taux de participation à son dernier rassemblement. La gauche brésilienne, de son côté, reste dans l’expectative : Lula n’a pas encore annoncé s’il briguerait un nouveau mandat.