Invité à s’exprimer sur la crise des effectifs dans les hôpitaux, le ministre de la Santé Yannick Neuder a reconnu que le manque de personnel, plus que les restrictions budgétaires, empêchait aujourd’hui la réouverture de nombreux lits hospitaliers.
Former davantage pour rouvrir des lits
« Nous n’ouvrons pas les lits parce que nous n’avons pas suffisamment de soignants », a déclaré le ministre, lui-même médecin hospitalier depuis 25 ans. Face aux demandes de renforts récurrentes des personnels de santé, il assure que le cœur du problème reste la formation. Il entend ainsi lancer un plan ambitieux d’ici l’été pour « former plus, former mieux, former partout ». Ce plan prévoit notamment une augmentation du nombre d’infirmiers, d’aides-soignants et de professionnels paramédicaux, en lien avec les régions. Il s’agit aussi de renforcer la formation médicale en supprimant le numerus clausus, en autorisant le redoublement en première année de médecine, et en facilitant le retour en France des étudiants partis étudier à l’étranger. Il a aussi évoqué l’arrivée de 3 700 docteurs juniors dans les territoires dès novembre 2026.
Contre la coercition, pour l’engagement collectif
Interrogé sur la proposition de loi visant à obliger les jeunes médecins à s’installer dans les zones sous-dotées – texte déjà voté à l’Assemblée et en passe d’être examiné au Sénat –, Yannick Neuder a rejeté cette piste. Il estime que « le remède est pire que le mal », craignant des défections massives parmi les jeunes praticiens qui pourraient choisir de quitter la profession ou de s’expatrier. À la place, il prône une solution fondée sur l’engagement volontaire : chaque médecin pourrait offrir deux jours par mois à un territoire en tension, au sein de centres équipés de secrétariats médicaux et d’assistants de consultation. Cette approche, fondée sur la « solidarité collective », serait mise en place dès septembre avec l’appui des préfets, élus locaux et Agences régionales de santé. Une alternative à la coercition, censée produire des effets concrets sans fracture avec la profession.