CARACAS – Le président vénézuélien Nicolas Maduro a exprimé sa gratitude à Donald Trump ce mercredi, après le retour au Venezuela d’une fillette de deux ans séparée de ses parents lors de leur traversée de la frontière américano-mexicaine l’année dernière. L’enfant, Maikelys Espinoza Bernal, est arrivée par avion à Caracas, où elle a été accueillie à bras ouverts par sa mère, Yorely Bernal, au palais présidentiel.
Les images diffusées par la télévision d’État ont montré la Première dame, Cilia Flores, portant l’enfant à son arrivée, avant qu’elle ne soit réunie avec sa mère et sa grand-mère maternelle en présence de Maduro. « Nous devons être reconnaissants pour tous les efforts, pour (l’émissaire de Trump) Rich Grenell, et remercier également Donald Trump », a déclaré le président vénézuélien, qualifiant cet acte de « justice ».
Maikelys était restée aux États-Unis après l’expulsion de ses deux parents en avril 2024. Depuis mai de la même année, elle était sous la garde du Bureau de réinstallation des réfugiés. Son retour survient dans un contexte tendu entre Washington et Caracas, marqué par des sanctions sévères et des accusations mutuelles.
Le père de l’enfant, Maiker Espinoza, 25 ans, a été transféré en mars au centre pénitentiaire de haute sécurité CECOT au Salvador. Le Département de la Sécurité intérieure (DHS) l’accuse d’être un lieutenant du Tren de Aragua, un redoutable gang criminel vénézuélien, responsable d’enlèvements, de trafic de drogue, d’homicides et de torture. Sa mère, Maria Escalona, a démenti catégoriquement ces accusations, les qualifiant de manipulation politique.
Yorely Bernal, la mère de la fillette, fait également l’objet d’accusations de recrutement de femmes pour le trafic de drogue et l’exploitation sexuelle. Le DHS n’a toutefois fourni aucune preuve, et la famille nie en bloc toute implication dans des activités criminelles.
L’origine exacte de ce retour reste floue, mais certains analystes estiment qu’il pourrait s’agir d’un échange implicite entre Caracas et Washington. La libération récente de cinq opposants politiques, réfugiés dans la résidence diplomatique argentine à Caracas, ainsi que le départ de la mère de l’opposante Maria Corina Machado, laissent penser à une opération négociée en coulisses. Les États-Unis n’ont ni confirmé ni infirmé cette hypothèse.
Pour Maduro, cette restitution marque un rare moment d’apaisement avec Washington. Pour les familles des nombreux migrants vénézuéliens expulsés ou détenus sans procès, ce geste reste cependant isolé et ne résout pas l’angoisse de milliers d’enfants encore séparés de leurs proches.