Alors que les négociations sur la réforme des retraites battent leur plein, les représentants syndicaux refusent catégoriquement d’associer un éventuel allongement de l’âge de départ à un financement des dépenses de défense. Le débat a été relancé par Gilbert Cette, président du Conseil d’orientation des retraites (COR), qui estime que la montée en puissance des investissements militaires devrait reléguer au second plan les discussions sur l’âge légal.
Cette position a trouvé un écho favorable du côté du Medef, dont le président Patrick Martin plaide depuis longtemps pour repousser l’âge de départ au-delà des 64 ans, arguant que l’adaptation de l’économie à un réarmement massif nécessite des réformes structurelles. Mais du côté des syndicats, la réponse est unanime : hors de question que les travailleurs paient seuls l’effort de guerre.
À la CGT, la proposition est jugée « scandaleuse », dénonçant une tentative de remettre en cause la concertation sociale. La CFDT, elle, accuse Gilbert Cette de sortir de son rôle de neutralité et propose plutôt d’ouvrir une conférence sur les finances publiques pour identifier d’autres sources de financement. Même son de cloche à la CFTC, qui refuse que seuls les actifs soient mis à contribution et exige un effort partagé entre l’État et les entreprises.
Quant à la CFE-CGC, elle prône une autre approche pour renforcer la souveraineté industrielle du pays, en misant sur la formation et le recrutement dans les secteurs stratégiques comme la métallurgie et le nucléaire.
Si le gouvernement espérait utiliser la réforme des retraites comme levier budgétaire pour financer l’effort de défense, il devra visiblement trouver une autre solution.