Le RN prépare 2027, mais l’argent manque encore à l’appel
Le RN prépare 2027, mais l’argent manque encore à l’appel

2027 n’est pas demain, mais au Rassemblement national on a déjà sorti les plans et les cartons. Quartier général, nouveau siège, dispositif de campagne qui se met en place… Sur le papier, la machine tourne. Dans les comptes, c’est une autre histoire: le parti dit encore buter sur un financement bancaire pour lancer pleinement la campagne présidentielle à venir.

Car derrière les slogans et les clips, il y a une réalité froide, presque administrative. Le RN cherche 10,7 millions d’euros de trésorerie afin de préfinancer l’effort de campagne, avant les remboursements prévus par les règles de financement public. Ce n’est pas un détail: sans avance, difficile de réserver, produire, déplacer, organiser. Un parti peut avoir le vent dans le dos dans les sondages, il lui faut aussi du carburant pour faire rouler la caravane.

Mercredi 29 avril, Marine Le Pen a choisi de remettre le sujet en pleine lumière sur X. Elle réagissait à une prise de parole de Daniel Baal, président du Crédit mutuel, sur RTL, et a dénoncé l’absence de prêt accordé par des banques françaises au futur candidat de son camp. L’argument est connu au RN: depuis plusieurs années, la formation assure rencontrer une difficulté récurrente d’accès au crédit, qu’elle juge anormale au regard de son poids électoral.

Le casse-tête du prêt, entre risque bancaire et enjeu démocratique

Face à elle, Daniel Baal n’a pas esquivé la dimension politique du sujet, parlant d’une question « sensible » sur le plan démocratique. Il a aussi rappelé ce que les banquiers ont en tête quand ils regardent un dossier: le risque. Le seuil de 5 % des suffrages, qui conditionne une partie des remboursements, ou encore la possibilité d’une non-validation des comptes de campagne, sont des paramètres qui peuvent peser lourd. Et l’État, lui, rembourse ensuite une part des dépenses… mais sous le contrôle strict de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques.

Le RN n’a pas toujours eu les banques françaises dans sa poche, c’est le moins qu’on puisse dire. Le précédent du prêt russe contracté au milieu des années 2010 a laissé des traces, en alimentant durablement les soupçons et les polémiques sur ses sources de financement. Aujourd’hui, le parti met en avant sa représentation et les ressources tirées de l’aide publique pour plaider un traitement comparable à celui des autres formations, avec une idée simple: à force de gagner des voix, il voudrait gagner l’accès normal au crédit.

Reste une tension qui ne disparaît pas: une campagne présidentielle se prépare avec des équipes et des locaux, mais elle se joue aussi sur la confiance, celle des électeurs comme celle des institutions privées qui prêtent. Le RN installe déjà son décor pour 2027, tandis que la question du chèque, elle, n’est pas réglée… et ce décalage pourrait peser, à bas bruit, sur le tempo de la bataille à venir.

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