BUENOS AIRES – Le Congrès argentin a approuvé jeudi une augmentation des retraites, infligeant un revers politique au président Javier Milei, qui a immédiatement dénoncé une mesure susceptible de compromettre les efforts du gouvernement pour préserver l’excédent budgétaire. Soutenue par une large majorité de sénateurs, cette réforme, déjà validée par la chambre basse, vient renforcer les revenus des retraités dans un contexte économique tendu.
Le texte a été adopté au Sénat par 52 voix en faveur et quatre abstentions, grâce à une alliance de l’opposition qui détient la majorité dans cette chambre. Cette avancée législative s’est heurtée à l’hostilité du président libertaire, qui a promis de mettre son veto à la loi, comme il l’avait fait en 2024 pour une mesure similaire. Pour Milei, cette hausse mettrait en péril les efforts déployés depuis le début de son mandat pour restaurer les comptes publics.
Depuis son arrivée au pouvoir fin 2023, Javier Milei a mis en œuvre un programme économique radical fondé sur une réduction drastique des dépenses de l’État. S’il a réussi à contenir partiellement l’inflation, cette austérité s’est aussi traduite par une forte baisse du pouvoir d’achat, notamment pour les fonctionnaires, les travailleurs précaires et les retraités.
Ces derniers ont intensifié ces derniers mois leur mobilisation, organisant des manifestations hebdomadaires à Buenos Aires. Les rassemblements, souvent émaillés de tensions avec les forces de l’ordre, réclament une indexation des pensions sur le coût de la vie, dans un pays où l’inflation annuelle dépasse encore les 140 %.
La réforme votée prévoit un ajustement plus généreux du calcul des retraites, ce que le gouvernement juge incompatible avec ses engagements en matière de rigueur budgétaire. Reste à savoir si le veto présidentiel suffira à bloquer la loi, ou si le Congrès parviendra à le surmonter par un vote qualifié.
Ce bras de fer illustre les difficultés croissantes de Javier Milei à faire adopter son programme économique dans un contexte social tendu, où les exigences de justice sociale se heurtent aux impératifs de rigueur.