Haïti : Nairobi et Saint-Domingue pressent le monde d’agir face à la crise sécuritaire Haïti : Nairobi et Saint-Domingue pressent le monde d’agir face à la crise sécuritaire Haïti : Nairobi et Saint-Domingue pressent le monde d’agir face à la crise sécuritaire Haïti : Nairobi et Saint-Domingue pressent le monde d’agir face à la crise sécuritaire Haïti : Nairobi et Saint-Domingue pressent le monde d’agir face à la crise sécuritaire
Haïti : Nairobi et Saint-Domingue pressent le monde d’agir face à la crise sécuritaire

SAINT-DOMINGUE – Face à l’aggravation de la crise sécuritaire en Haïti, le Kenya et la République dominicaine ont lancé lundi un appel conjoint à la communauté internationale pour qu’elle respecte et renforce ses engagements financiers envers la Mission multinationale de soutien à la sécurité (MSS), déployée sous mandat de l’ONU. Réunis dans la capitale dominicaine, les ministres des Affaires étrangères des deux pays ont souligné l’urgence d’un soutien logistique accru pour rendre cette force opérationnelle.

Le ministre kenyan Musalia Mudavadi et son homologue dominicain Roberto Alvarez ont averti que l’insuffisance des ressources allouées à la MSS freine considérablement ses capacités d’action sur le terrain. Dans un communiqué commun, ils ont reconnu que la mission n’avait pas pu atteindre ses objectifs initiaux en raison du manque de financement et de matériel, et ont exhorté les bailleurs à honorer et augmenter leurs contributions.

Depuis son lancement en juin 2024, la MSS a vu le déploiement d’environ 1 000 personnels, dont près de 75 % viennent du Kenya. Cette force vise à aider la police haïtienne à lutter contre les gangs armés qui ont largement pris le contrôle de nombreuses zones urbaines. Pourtant, la mission reste sous-dotée, freinant les opérations de sécurisation dans un pays en proie à une insécurité croissante.

Selon les données des Nations unies, les trois premiers mois de 2025 ont été particulièrement meurtriers : plus de 1 600 personnes ont perdu la vie et plus d’un million ont été déplacées par les violences. Le MSS, bien qu’autorisée par le Conseil de sécurité en 2023, n’est à ce jour que partiellement déployée en raison du non-versement d’une grande partie des fonds promis.

La République dominicaine, voisine immédiate d’Haïti, suit de près la détérioration de la situation sécuritaire et redoute les répercussions régionales de l’instabilité. Le Kenya, quant à lui, s’est vu confier la direction de cette mission multinationale. Les deux pays plaident désormais pour un engagement plus ferme des États donateurs, soulignant que sans ressources suffisantes, les objectifs humanitaires et sécuritaires de la mission resteront hors de portée.

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