En visite à Rome, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a plaidé pour un durcissement du régime carcéral des narcotrafiquants en s’inspirant du modèle italien. Il a visité le centre pénitentiaire de Rebibbia, où les criminels les plus dangereux sont soumis à un régime d’isolement strict, et s’est entretenu avec son homologue Carlo Nordio ainsi que le procureur national anti-mafia, Giovanni Melillo.
Le ministre français veut regrouper les cent plus gros trafiquants de drogue dans un établissement de haute sécurité dès juillet 2025, avant l’ouverture de deux autres prisons similaires, portant la capacité totale à 600 détenus. L’objectif affiché : empêcher toute communication avec l’extérieur et réduire les risques de poursuite des activités criminelles depuis la cellule.
Le modèle italien, encadré par l’article 41-bis du code pénitentiaire, prévoit notamment un isolement total, des contacts familiaux extrêmement limités et un contrôle drastique des biens matériels en cellule. Cette approche, bien que critiquée par certaines ONG, a prouvé son efficacité contre la mafia, contraignant plusieurs criminels à collaborer avec la justice pour alléger leur détention.
Dans un contexte marqué par des évasions spectaculaires et la circulation d’objets prohibés en prison, Gérald Darmanin entend affirmer « l’autorité de l’État » en appliquant une politique carcérale plus répressive à l’égard des narcotrafiquants les plus influents. Une initiative qui ne manquera pas de susciter le débat en France sur l’équilibre entre fermeté sécuritaire et respect des droits fondamentaux.