Après avoir déclenché l’article 49.3 pour faire adopter sans vote les budgets de l’État et de la Sécurité sociale, François Bayrou se retrouve aujourd’hui face à deux motions de censure déposées par La France insoumise. Malgré l’hostilité d’une partie de l’opposition, son gouvernement ne risque pas grand-chose, faute d’un soutien suffisant pour renverser la majorité.
Ces motions seront examinées à partir de 15h30, mais leur issue semble déjà scellée. Les socialistes ont décidé de ne pas voter la censure, fragilisant encore un peu plus l’unité du Nouveau Front populaire. Quant au Rassemblement national, il maintient le suspense mais n’a aucune intention de faire chuter le gouvernement, estimant que cela aurait des conséquences économiques trop lourdes.
La première motion de censure vise le budget général de l’État pour 2025, dénoncé par ses détracteurs comme une atteinte aux services publics avec 25 milliards d’euros de coupes budgétaires. Les députés insoumis, écologistes et communistes qui soutiennent cette initiative estiment que d’autres solutions sont possibles, notamment une taxation plus forte des multinationales et des grandes fortunes.
La deuxième motion concerne le budget de la Sécurité sociale. Ses auteurs reprochent au gouvernement d’accélérer la dégradation du système de santé et d’augmenter le coût des soins pour les Français. Mais là encore, l’absence de soutien du PS et du RN rend son adoption impossible.
Au-delà de ces motions budgétaires, François Bayrou devra bientôt affronter une autre offensive politique. Le Parti socialiste prévoit en effet de déposer une nouvelle motion de censure, cette fois en réponse aux propos du Premier ministre sur un « sentiment de submersion » migratoire. Si cette initiative a peu de chances d’aboutir, elle pourrait néanmoins susciter des tensions inattendues, notamment si le RN choisissait de la voter pour déstabiliser l’exécutif.
Malgré ces attaques répétées, François Bayrou semble solidement accroché à Matignon. Après avoir surmonté ces épreuves, il compte se consacrer à un autre chantier d’envergure : la réforme de l’État, un projet ambitieux qu’il entend porter dès l’adoption définitive des budgets. Mais pour l’heure, il doit encore naviguer entre les tentatives de déstabilisation de l’opposition et les fragiles équilibres de sa majorité.