L’ancien président brésilien Jair Bolsonaro a de nouveau mobilisé ses partisans, lors de sa première manifestation depuis la décision de le juger pour tentative de coup d’État.
Cette manifestation visait à réclamer une amnistie pour les personnes condamnées à la suite des événements du 8 janvier 2023, lorsque des milliers de partisans de l’ancien président avaient pris d’assaut le Congrès et la Cour suprême fédérale, appelant l’armée à intervenir pour destituer le président Luiz Inácio Lula da Silva, une semaine après son investiture.
Dimanche, des milliers de manifestants se sont rassemblés sur l’avenue Paulista, symbole du cœur de la ville de São Paulo, la plus grande métropole du Brésil.
Bolsonaro a accusé ses adversaires non seulement de vouloir l’emprisonner, mais aussi de vouloir « le tuer », affirmant qu’il représentait un obstacle pour eux. Il a soutenu que les juges, qu’il accuse de persécution, cherchent à l’éliminer.
Il a également déclaré que le système actuel cherchait à écarter les dirigeants de droite des élections, ajoutant : « S’ils pensent que je vais abandonner ou fuir, ils se trompent. »
Bolsonaro a comparé sa situation à celle de Marine Le Pen en France, évoquant la décision de justice la rendant inéligible, ce qui pourrait l’empêcher de se présenter à l’élection présidentielle de 2027.
Les manifestants ont scandé au rythme des tambours : « Il n’y a pas eu de coup d’État ». Certains brandissaient des tubes de rouge à lèvres, en référence à Débora Rodrigues, placée en détention provisoire pour deux ans pour avoir participé aux événements de janvier 2023 et avoir barbouillé de rouge à lèvres la statue de la Justice devant la Cour suprême fédérale.
Ce jour-là, une semaine après l’investiture de Luiz Inácio Lula da Silva, et en l’absence de Bolsonaro — alors aux États-Unis —, des milliers de ses partisans ont envahi les bâtiments de la Cour suprême, du Parlement et du palais présidentiel, appelant à une intervention militaire.
Le 26 mars, la Cour suprême a ordonné le procès de Jair Bolsonaro, 70 ans, pour tentative de coup d’État. En cas de condamnation, il pourrait écoper d’une peine allant jusqu’à 40 ans de prison.
Selon le parquet, l’ancien président (2019-2022) aurait tenté d’obtenir le soutien des forces armées pour empêcher le retour au pouvoir du président de gauche, Lula.