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Ce mardi 4 mars, la justice tunisienne ouvre le procès de l’affaire de complot présumé contre la sûreté de l’État. Une quarantaine d’opposants au président Kaïs Saïed sont poursuivis, dont plusieurs figures politiques emprisonnées depuis deux ans. Parmi eux, des responsables de partis, des avocats et des militants, accusés d’avoir conspiré avec des acteurs étrangers, dont l’intellectuel français Bernard-Henri Lévy (BHL), également visé par cette procédure.

Les inculpés, parmi lesquels le juriste Jaouhar Ben Mbarek et des figures du parti islamiste Ennahda, sont poursuivis pour « complot contre la sûreté intérieure et extérieure de l’État » et « adhésion à un groupe terroriste », des accusations passibles de lourdes peines, voire de la peine capitale. Certains comparaîtront en liberté, tandis que d’autres, jugés à distance par visioconférence, dénoncent un procès politique.

L’opposition qualifie cette procédure de « mascarade judiciaire » et accuse le régime de Kaïs Saïed d’instrumentaliser la justice pour éliminer toute contestation. Les défenseurs des accusés dénoncent des charges basées sur des témoignages anonymes et des éléments jugés fragiles. Des associations de défense des droits humains ont appelé à manifester devant le tribunal.

Le pouvoir, de son côté, assure que la justice demeure indépendante et que ce procès s’inscrit dans la lutte contre des menaces pesant sur la sécurité nationale. Depuis plusieurs jours, médias et réseaux sociaux sont le théâtre d’une guerre d’influence entre partisans et détracteurs des accusés, alimentant un climat politique déjà explosif.

Ce procès s’inscrit dans un contexte de répression croissante en Tunisie, où plusieurs opposants ont été condamnés à de lourdes peines ces derniers mois. Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme a cette semaine dénoncé la « persécution des opposants » et une restriction grandissante des libertés dans le pays.

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