Le roi Charles III a lancé un appel solennel à la paix jeudi soir, alors que le Royaume-Uni célébrait le 80e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe. Dans un discours empreint d’émotion et d’histoire, prononcé lors d’un concert organisé à Horse Guards Parade, à Londres, le souverain a exhorté les nations à renouer avec l’esprit de liberté et de diplomatie qui avait triomphé du nazisme en 1945.
« Nous devons nous engager à nouveau en faveur d’une paix juste là où il y a la guerre, de la diplomatie et de la prévention des conflits », a déclaré le monarque britannique, devant 10 000 invités, dont de nombreux vétérans. Cette commémoration, l’une des dernières à laquelle participent encore des témoins directs du conflit, prend une résonance particulière alors qu’un nouveau conflit ravage l’Europe de l’Est, avec la guerre toujours en cours en Ukraine.
Quelques heures plus tôt, le roi de 76 ans et son fils, le prince William, avaient déposé des couronnes de fleurs sur la tombe du soldat inconnu à l’abbaye de Westminster, au cours d’une cérémonie empreinte de gravité, marquée par deux minutes de silence nationales.
Le discours de Charles a fait écho aux paroles de son grand-père, le roi George VI, et à celles de Winston Churchill, rappelant que « se rencontrer mâchoire contre mâchoire est mieux que la guerre ». Il a également évoqué un souvenir personnel, celui de sa mère, la reine Elizabeth II, qui, alors princesse de 19 ans, s’était mêlée à la foule londonienne en liesse le soir du 8 mai 1945, dans un rare moment d’anonymat et de communion populaire.
Les commémorations britanniques se sont déroulées en parallèle de cérémonies similaires organisées en France et en Allemagne. À Paris, Emmanuel Macron a rendu hommage au général de Gaulle, tandis qu’à Berlin, le président Frank-Walter Steinmeier a mis en garde contre l’oubli des leçons de l’histoire. À Moscou, où un grand défilé militaire est prévu, Vladimir Poutine a vanté la « victoire sacrée » sur Hitler, tout en liant de manière controversée ce souvenir au conflit actuel en Ukraine, une comparaison vivement rejetée par Kiev.
Alors que les derniers vétérans de la Seconde Guerre mondiale approchent de leur centième anniversaire, cette série d’hommages marque peut-être la fin d’une ère de mémoire vivante. Le roi Charles, fidèle à l’héritage de ses prédécesseurs, a voulu en faire un appel à la conscience collective des nations : « Ceux qui sont morts pour la cause de la liberté ne doivent jamais être oubliés. »