Une majorité de Russes s’attendent à ce que la guerre en Ukraine prenne fin en 2026, selon un sondage publié mercredi par l’institut public VTsIOM. Ces résultats interviennent alors que les initiatives diplomatiques s’intensifient et que Moscou se prépare à formuler sa position sur des propositions de paix américaines.
Lors de sa présentation annuelle, le directeur adjoint de VTsIOM, Mikhail Mamonov, a indiqué que 70 % des 1 600 personnes interrogées estimaient que 2026 serait une année plus « fructueuse » pour la Russie que l’année en cours. Pour 55 % des répondants, cet optimisme est directement lié à l’espoir d’une fin de ce que les autorités russes qualifient d’« opération militaire spéciale » en Ukraine.
« Le principal motif d’optimisme réside dans la possibilité d’un achèvement de l’opération militaire spéciale et la réalisation des objectifs fixés, conformément aux intérêts nationaux définis par le président », a déclaré Mamonov, faisant référence au chef du Kremlin Vladimir Poutine. Cette formulation reflète la ligne officielle du pouvoir sur les buts du conflit.
Les précédentes enquêtes de fin d’année de VTsIOM mettaient surtout en avant la consolidation de la société russe autour du président et de ses objectifs militaires, sans fournir d’estimation précise quant aux attentes d’une fin du conflit. La publication de tels chiffres cette année est perçue par certains analystes comme un possible test de l’opinion publique.
Un sondeur indépendant cité par Reuters avance de son côté que 66 % des Russes seraient favorables à l’ouverture de pourparlers de paix. Cet écart entre les données officielles et indépendantes souligne l’intérêt croissant de la population pour une issue négociée, malgré la poursuite des combats.
Ces résultats surviennent alors que le Kremlin doit arrêter sa position sur un cadre de paix discuté avec les États-Unis. S’ils ne préjugent pas d’un changement de politique immédiat, ils suggèrent une évolution du climat d’opinion, dans un conflit qui entre dans sa quatrième année et continue de peser lourdement sur la société et l’économie russes.