La Belgique a frôlé le drame. Selon plusieurs sources judiciaires et sécuritaires, la police fédérale a déjoué cette semaine un projet d’attentat visant plusieurs responsables politiques, dont le Premier ministre Bart De Wever. Trois individus ont été arrêtés à Anvers, soupçonnés de préparer une attaque à l’aide de drones piégés — une première du genre dans le pays.
Les perquisitions menées dans la métropole flamande ont permis de découvrir du matériel particulièrement inquiétant : des composants électroniques, des billes d’acier, ainsi qu’une imprimante 3D susceptible d’avoir servi à la fabrication de pièces destinées à un engin volant. Le parquet fédéral évoque un « dispositif improvisé » mais potentiellement capable de causer d’importants dégâts s’il avait été rendu opérationnel.
L’enquête, confiée à la section antiterroriste, confirme que la cellule démantelée s’inspirait de groupes djihadistes actifs en ligne. Les suspects, âgés de 22 à 34 ans, étaient suivis depuis plusieurs mois pour leurs activités sur des forums cryptés où circulent des manuels de fabrication d’armes artisanales. Les premiers éléments recueillis suggèrent qu’ils projetaient une attaque symbolique, à forte portée médiatique, lors d’un déplacement officiel du Premier ministre dans le nord du pays.
Bart De Wever, informé de la menace, a été placé sous protection renforcée dès le début de la semaine. Les services de sécurité ont également accru la vigilance autour d’autres personnalités politiques identifiées comme cibles potentielles. Le ministre de l’Intérieur a salué « l’efficacité des forces de l’ordre et la coordination exemplaire entre les services de renseignement belges et européens ».
Ce complot avorté intervient dans un climat européen marqué par une recrudescence d’incidents liés à l’usage de drones, notamment dans des zones sensibles. Plusieurs pays, dont la France et l’Allemagne, ont récemment signalé des survols suspects au-dessus d’installations stratégiques. En Belgique, la menace d’un terrorisme technologique — plus diffus, plus dématérialisé — prend désormais une dimension concrète.
Les autorités redoutent que cette affaire ne soit qu’un prélude à une nouvelle forme d’action terroriste, mêlant bricolage technologique, radicalisation en ligne et absence de hiérarchie identifiable. Une source proche du dossier résume l’inquiétude : « Nous ne parlons plus de commandos organisés mais de micro-cellules capables, avec peu de moyens, de semer la panique. »
Le parquet fédéral a confirmé que les trois suspects ont été placés sous mandat d’arrêt pour « participation à une organisation terroriste » et « tentative d’attentat ». L’enquête se poursuit afin de déterminer s’ils ont bénéficié de soutiens logistiques à l’étranger.
La Belgique, marquée par les attentats de 2016, reste sur ses gardes. Cette fois, la menace n’est pas venue d’une ceinture d’explosifs, mais du ciel.
Lahcen Isaac Hammouch
Journaliste et Correspondant de Entrevue.fr