Le gouvernement vient d’ajouter une nouvelle incitation à son catalogue déjà fourni : à partir du 1er octobre, les acheteurs d’une voiture électrique équipée d’une batterie produite en Europe toucheront une prime supplémentaire de 1 000 euros. Une mesure présentée comme un coup de pouce au pouvoir d’achat, au climat et à l’industrie, alors que le secteur des transports représente plus du tiers des émissions françaises de CO2.
Bonus écologique et leasing social
Ce nouveau chèque s’ajoute au bonus écologique déjà en vigueur. Depuis juillet, il peut atteindre 4 200 euros pour les ménages modestes et intermédiaires, et 3 100 euros pour les autres acheteurs. Avec la prime européenne, l’aide grimpe désormais à 5 200 euros dans certains cas. Plus de 850 000 bonus ont été distribués depuis 2020, financés non plus par le budget de l’État mais par les certificats d’économie d’énergie imposés aux grands énergéticiens. Pour être éligible, un véhicule doit coûter moins de 47 000 euros, peser moins de 2,4 tonnes et répondre à un score environnemental qui exclut la plupart des modèles importés de Chine. Autre dispositif phare, le « leasing social » revient le 30 septembre. Destiné aux ménages modestes, il propose des locations de trois ans minimum à moins de 200 euros par mois. Les critères d’accès sont stricts : revenu fiscal par part inférieur à 16 300 euros, trajets quotidiens de plus de 15 km pour se rendre au travail ou usage annuel supérieur à 8 000 km. L’offre reste limitée à 50 000 véhicules. Les modèles compacts du groupe Stellantis démarrent à 95 euros par mois, Renault met en avant ses nouvelles R5, R4 et Mégane électriques. La demande est telle que certains acteurs redoutent une pénurie d’offres.
Rétrofit, aides locales et bornes de recharge
La conversion de voitures thermiques en électriques (le « rétrofit ») bénéficie elle aussi d’un soutien. Les ménages dont le revenu fiscal par part ne dépasse pas 26 200 euros peuvent obtenir jusqu’à 5 000 euros de prime, dans la limite de 80 % du coût de la transformation. L’aide tombe à 3 000 euros pour une hybridation rechargeable. Cette filière reste encore balbutiante mais promet une réduction substantielle de l’empreinte carbone en évitant la fabrication de véhicules neufs. À ces dispositifs nationaux s’ajoute une mosaïque d’aides locales. Certaines métropoles vont jusqu’à 6 000 euros (Grand Paris), d’autres offrent des primes comprises entre 500 et 5 000 euros (Lyon, Toulouse, Rouen). Leur cumul avec les aides de l’État peut considérablement réduire la facture, mais encore faut-il naviguer dans ce labyrinthe administratif. Enfin, les infrastructures ne sont pas oubliées. Le programme Advenir prend en charge jusqu’à 50 % de l’installation de bornes collectives, dans la limite de 5 000 euros. Un crédit d’impôt, valable jusqu’à fin 2025, rembourse 75 % des frais engagés pour une borne domestique, plafonnés à 500 euros par système. Au total, l’éventail d’aides se renforce et vise à rendre l’électrique plus accessible. Mais la multiplication des critères et la variété des guichets laissent planer une impression de complexité. Reste à savoir si ces coups de pouce suffiront à accélérer la bascule des automobilistes vers le tout électrique.