À peine relancé fin septembre avec un plafond de dossiers limité à 13.000, le dispositif MaPrimeRénov’ s’apprête déjà à serrer la vis pour l’an prochain. Selon les premières orientations examinées par le Conseil national de l’Habitat, plusieurs travaux emblématiques sortiront du champ des aides, notamment l’isolation des murs et les chaudières biomasse. Une décision qui inquiète les acteurs du secteur, alors que ces opérations figuraient parmi les plus demandées par les particuliers.
Un coup d’arrêt pour l’isolation des murs
À partir de 2026, un propriétaire souhaitant isoler ses murs par l’intérieur ou par l’extérieur sans engager une rénovation globale n’obtiendra plus de financement public. Même sanction pour les chaudières à bois ou à granulés, quand les poêles et inserts restent pour l’instant éligibles. Effy, l’une des principales plateformes spécialisées dans l’accompagnement des ménages, déplore cette orientation : plus d’une demande sur dix portait sur ce type de travaux au premier semestre 2025. En parallèle, plusieurs mesures qui devaient entrer en vigueur plus tôt sont repoussées d’un an, au 1er janvier 2027 : exclusion des logements classés F et G du parcours par geste, obligation d’associer un chantier d’isolation à un changement de chauffage, ou encore fourniture d’un diagnostic de performance énergétique en amont.
Des rénovations globales sous conditions strictes
Côté rénovations d’ampleur, les règles instaurées en 2025 seront reconduites. Seuls les logements classés E, F ou G avant travaux pourront bénéficier du dispositif. Les plafonds sont désormais fixés à 30.000 euros pour un gain de deux classes énergétiques, et 40.000 euros pour trois classes. Les taux d’aide dépendent toujours des revenus : jusqu’à 80 % pour les ménages modestes, 60 % pour les très modestes et 45 % pour les revenus intermédiaires. En revanche, les foyers les plus aisés ne toucheront plus que 10 %, tandis que le bonus de 10 % pour la sortie de « passoire énergétique » disparaît. Si ces ajustements offrent une certaine visibilité aux ménages, ils s’accompagnent d’interrogations. Effy alerte sur le risque d’un budget insuffisant (3,6 milliards d’euros annoncés pour 2025) et sur des délais de traitement « dramatiquement longs », qui découragent déjà de nombreux candidats. Les prochaines années s’annoncent donc tendues pour un dispositif censé incarner la politique phare de rénovation énergétique du gouvernement, mais qui semble s’éloigner de plus en plus des réalités de terrain.