Le Premier ministre chinois Li Qiang a dénoncé mardi l’usage croissant des droits de douane, affirmant qu’ils exercent une pression considérable sur l’économie mondiale. S’exprimant à Pékin lors d’un dialogue avec les dirigeants des principales organisations économiques internationales, il a exhorté le FMI, la Banque mondiale et l’Organisation mondiale du commerce à prendre des mesures pour défendre le libre-échange et contenir les tendances protectionnistes qui se renforcent.
Selon Li, le recours accru aux barrières tarifaires par plusieurs pays perturbe les chaînes d’approvisionnement mondiales et compromet la croissance. Il a soutenu que la coopération économique internationale restait la clé d’une reprise durable, appelant les dirigeants présents à « agir ensemble » pour préserver un système commercial multilatéral stable.
Cette déclaration intervient alors que les analystes attribuent cette montée des tensions à l’excédent commercial colossal de la Chine, qui devrait atteindre environ 1 000 milliards de dollars cette année. Un déséquilibre qui alimente les critiques de nombreux partenaires commerciaux, certains y voyant une justification au durcissement de leurs politiques douanières à l’égard de Pékin. Plusieurs marchés d’exportation expriment depuis des mois leur inquiétude face à cet écart croissant, qu’ils jugent déstabilisant.
Face à ces pressions, de plus en plus de voix appellent la Chine à réformer son modèle économique afin d’accroître sa part dans la consommation mondiale et de réduire sa dépendance à la production orientée vers l’exportation. Les déclarations de Li Qiang soulignent toutefois que Pékin considère les droits de douane comme une menace directe pour la stabilité mondiale, poussant la Chine à défendre plus fermement que jamais les principes du libre commerce.