La Syrie a entamé samedi la mise en circulation de nouveaux billets de banque, une étape symbolique et économique majeure alors que le pays tente de stabiliser son économie après la chute du gouvernement de Bachar al-Assad. Cette réforme monétaire intervient dans un contexte de transition politique et de reconstruction, après plus d’une décennie de conflit et d’isolement international.
Un décret publié plus tôt cette semaine par le président Ahmad al-Sharaa prévoit le retrait progressif de « l’ancienne monnaie syrienne » selon un calendrier établi par la Banque centrale et via des centres de change agréés. Le gouverneur de la Banque centrale, Mokhles Nazer, a annoncé sur le réseau X que l’échange officiel entre les anciens billets et les nouveaux avait débuté samedi matin, après plusieurs mois de préparation.
Selon le décret présidentiel relayé par l’agence officielle SANA, la nouvelle monnaie syrienne est introduite par la suppression de deux zéros sur la valeur faciale des anciens billets. Concrètement, 100 livres syriennes de l’ancienne monnaie équivalent désormais à une livre syrienne dans le nouveau système. La coupure maximale, qui atteignait auparavant 5 000 livres syriennes, est désormais fixée à 500 livres.
À Damas, samedi, le dollar américain s’échangeait autour de 11 800 livres syriennes anciennes dans les bureaux de change. De nombreux billets encore en circulation portent toujours l’effigie de Bachar al-Assad et de son père Hafez al-Assad, qui avait dirigé le pays avant lui. Au début du conflit syrien en mars 2011, un dollar ne valait que 47 livres syriennes, illustrant l’ampleur de l’effondrement monétaire au fil des années de guerre.
Depuis l’entrée à Damas, en décembre 2024, des groupes insurgés menés par Hayat Tahrir al-Sham, dirigés par Ahmad al-Sharaa, les nouvelles autorités s’emploient à relancer une économie exsangue, minée par les combats et les sanctions occidentales. Les États-Unis et l’Union européenne ont depuis levé la majorité des sanctions imposées à la Syrie sous le régime Assad, ouvrant la voie à une normalisation progressive et à des réformes économiques d’ampleur.