La Banque populaire de Chine a annoncé mardi une baisse de deux de ses taux d’intérêt clés, une décision stratégique visant à stimuler une économie fragilisée par une consommation interne atone et une crise immobilière persistante. Le LPR à un an, principal taux de référence pour les prêts aux ménages et entreprises, passe de 3,1 % à 3 %, tandis que le LPR à cinq ans, déterminant pour les prêts immobiliers, recule à 3,5 %, contre 3,6 % précédemment. Ces niveaux sont historiquement bas et interviennent dans un contexte d’incertitude mondiale et de tensions commerciales persistantes avec les États-Unis.
Un geste fort, mais insuffisant selon les analystes
Ces baisses visent à alléger le fardeau des emprunteurs et à réduire le coût des nouveaux crédits, mais leur efficacité à court terme reste incertaine. « De modestes baisses de taux ne suffiront probablement pas à stimuler significativement la demande de crédit », estime Zichun Huang, économiste chez Capital Economics. Pékin mise néanmoins sur ces leviers pour enrayer la chute des prix dans l’immobilier, stimuler l’investissement, et atteindre l’objectif de croissance fixé à 5 % pour 2025. Ce geste intervient alors que les discussions commerciales avec Washington semblent connaître un léger répit, après la suspension temporaire de certains droits de douane.
Depuis le début de l’année, Pékin multiplie les annonces pour tenter de relancer la machine économique : abaissement des réserves obligatoires des banques, soutien à l’industrie et volonté de « stimuler vigoureusement » la consommation. Mais les signaux sont mitigés : si la production industrielle a progressé de 6,1 % en avril, les prix à la consommation sont en baisse et l’immobilier reste dans le rouge, avec des prix en chute dans la majorité des grandes villes. Les économistes anticipent d’autres baisses de taux dans les mois à venir, dans un effort de long terme pour soutenir la deuxième économie mondiale.