À quelques jours de l’entrée en vigueur de lourds tarifs douaniers imposés par les États-Unis, le Brésil tente désespérément de convaincre Washington de faire marche arrière, mais ses propositions diplomatiques restent pour l’heure sans réponse. Le gouvernement brésilien, confronté à l’intransigeance de l’administration Trump, s’inquiète d’une crise commerciale majeure susceptible d’ébranler une partie de son économie.
Les nouvelles taxes américaines, qui doivent entrer en vigueur le 1er août, menaceraient des secteurs entiers, notamment l’acier, les produits agricoles et les biens manufacturés. Selon la Confédération nationale de l’industrie (CNI), cette hausse tarifaire pourrait mettre en péril jusqu’à 100 000 emplois au Brésil, en réduisant l’accès des entreprises brésiliennes au marché américain, leur principal débouché hors Mercosur.
Le gouvernement de Luiz Inácio Lula da Silva a soumis plusieurs propositions pour désamorcer la crise, mais les négociations n’ont jusqu’à présent suscité aucun retour formel de la part de Washington. Selon un haut responsable brésilien cité anonymement, les entreprises américaines présentes au Brésil évitent d’intervenir de peur de se heurter à la politique commerciale imprévisible du président Donald Trump.
« Nous avons multiplié les efforts diplomatiques, transmis nos propositions, mais il n’y a toujours pas de dialogue », a déploré un conseiller du ministère des Finances. Le ministre Fernando Haddad avait pourtant annoncé un plan de réponse d’urgence, incluant des lignes de crédit et un soutien aux exportateurs, pour atténuer les effets potentiels de la guerre commerciale.
En toile de fond, les tensions politiques entre Lula et son prédécesseur Jair Bolsonaro, allié notoire de Trump, compliquent davantage les relations bilatérales. Le gouvernement brésilien soupçonne certaines figures de l’opposition de saboter les négociations pour des raisons partisanes, en empêchant l’ouverture d’un canal direct avec la Maison Blanche.
Alors que l’échéance approche à grands pas, le Brésil semble de plus en plus isolé face à une administration américaine déterminée à protéger son industrie à tout prix. Les conséquences pourraient être lourdes pour l’économie brésilienne, déjà fragilisée par une croissance lente et une inflation persistante.