Pascale B., l’enseignante accusée d’avoir harcelé Evaëlle, une élève de 11 ans qui s’est suicidée en juin 2019, a été relaxée ce mardi par le tribunal correctionnel. Elle était poursuivie pour des faits de harcèlement moral sur mineure.
La fillette, scolarisée en sixième dans un collège du Val-d’Oise, avait laissé une lettre évoquant un profond mal-être lié à des brimades subies, tant de la part de camarades que de certains adultes de l’établissement. L’enseignante était soupçonnée d’avoir tenu des propos dégradants à l’égard de l’élève, tels que “Tu es bête” ou “Tu ne sers à rien”, et de l’avoir placée au fond de la classe, malgré ses problèmes de vue signalés.
Après plusieurs heures d’audience et l’examen de nombreux témoignages, le tribunal a estimé que les charges étaient insuffisantes pour établir une responsabilité pénale de l’enseignante dans le harcèlement ayant conduit au drame.
L’incompréhension de la famille
Le verdict suscite une vive émotion, notamment chez les parents d’Evaëlle, présents au tribunal, et qui ont déjà annoncé faire appel. Leur avocate a exprimé leur “incompréhension face à cette décision”, tandis que la défense de Pascale B. a salué “une décision juste, fondée sur le droit et non sur l’émotion”.
Ce jugement relance le débat sur la reconnaissance du harcèlement scolaire et la responsabilité des adultes encadrants. D’autres procédures restent en cours dans cette affaire, notamment à l’encontre d’autres membres de l’établissement.