Le tribunal correctionnel de Bobigny a condamné mercredi un septuagénaire à huit mois de prison avec sursis. Il avait proféré des menaces de mort sur les réseaux sociaux contre la magistrate ayant condamné Marine Le Pen à cinq ans d’inéligibilité. L’affaire remonte à quelques jours seulement. Gérard B., 76 ans, avait publié sur le réseau X (ex-Twitter) une image de guillotine, accompagnée d’un message insultant visant directement la juge Bénédicte de Perthuis, présidente de la 11e chambre correctionnelle de Paris.
Une guillotine en photo et des insultes en ligne
Celle-ci avait prononcé la condamnation de Marine Le Pen, assortie d’une inéligibilité immédiate de cinq ans. Le message du retraité évoquait explicitement des menaces de mort, justifiant l’ouverture d’une enquête par le parquet de Bobigny. Arrêté mardi à La Garenne-Colombes (Hauts-de-Seine), l’homme a été rapidement présenté devant la justice. Il a été reconnu coupable de « menaces de mort ou d’atteinte aux biens dangereuse pour les personnes à l’encontre d’un magistrat » ainsi que d’« outrage à magistrat dans l’exercice de ses fonctions ». En plus de sa peine avec sursis, il devra s’acquitter de 3 000 euros d’amende.
Une vague d’intimidations ciblant la magistrature
Depuis la décision de justice frappant la présidente du Rassemblement national, plusieurs magistrats ont été pris pour cible sur les réseaux sociaux. En particulier les deux représentants du ministère public ayant requis dans ce dossier, également visés par des messages injurieux ou menaçants. Une enquête distincte a permis d’identifier cinq suspects en province, qui seront eux aussi poursuivis. Le retraité condamné mercredi ne fait pas partie de ce second dossier. Face à cette escalade, la procureure générale de Paris a rappelé avec fermeté que tous les auteurs de menaces visant les institutions judiciaires seront poursuivis sans relâche.
Les menaces proférées à l’encontre de la juge ont pris une ampleur telle que son domicile a été placé sous protection policière. Sa famille aussi a été ciblée par des messages haineux et intimidants. Ces actes inquiètent la profession, dans un contexte où l’indépendance de la justice fait régulièrement l’objet de remises en cause sur les réseaux sociaux. Les magistrats appellent à une réponse pénale exemplaire pour que cesse l’impunité des auteurs de cyberharcèlement, notamment lorsqu’il touche les institutions républicaines.