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Police : pourquoi les affaires de corruption et d’atteinte à la probité inquiètent de plus en plus l’IGPN

Police : pourquoi les affaires de corruption et d’atteinte à la probité inquiètent de plus en plus l’IGPN
Police : pourquoi les affaires de corruption et d’atteinte à la probité inquiètent de plus en plus l’IGPN

La corruption policière prend une place croissante dans le travail de la « police des polices ». Selon le bilan 2025 de l’Inspection générale de la police nationale, présenté ce mercredi, les dossiers liés à la probité progressent nettement alors que les saisines concernant l’usage de la force reculent. Le directeur de l’IGPN, Stéphane Hardouin, indique que 235 enquêtes sont actuellement ouvertes dans ce domaine. Une évolution déjà perceptible les années précédentes : en agrégeant les atteintes à la probité, les consultations illicites de fichiers, les faux et les violations du secret, l’Inspection recensait 234 affaires en 2024, contre 137 en 2020.

Derrière le terme de « corruption policière » se cachent des situations très différentes. Il peut s’agir d’un policier rémunéré pour transmettre une information confidentielle, mais aussi d’un agent consultant illégalement un fichier pour renseigner un proche ou un trafiquant, révélant l’existence d’une enquête, détournant des données ou utilisant ses prérogatives professionnelles à des fins privées. Les atteintes à la probité au sens pénal comprennent également la corruption active ou passive, le trafic d’influence, le détournement de fonds publics, la prise illégale d’intérêts, le favoritisme ou la concussion. Pour l’IGPN, la consultation abusive des fichiers policiers constitue désormais un point de vigilance majeur, notamment en raison de l’intérêt que ces informations représentent pour les réseaux de criminalité organisée.

Des trafiquants qui cherchent à pénétrer l’institution

La montée du narcotrafic explique en partie l’attention accrue portée à ces affaires. Un réseau criminel peut chercher à connaître l’identité d’un indicateur, savoir s’il fait l’objet d’une surveillance, obtenir l’adresse d’une personne, anticiper une opération ou identifier les enquêteurs chargés d’un dossier. La valeur d’un accès interne aux bases de données policières devient alors considérable. L’IGPN reste cependant prudente sur l’interprétation de la hausse : davantage de procédures ne signifie pas nécessairement que les policiers sont soudainement beaucoup plus corrompus. Elle peut également traduire une meilleure détection, une sensibilisation accrue des services et davantage de signalements. Cette difficulté d’interprétation avait déjà été soulignée par Stéphane Hardouin avant la publication du nouveau bilan.

La réponse de l’institution change elle aussi d’échelle. Depuis septembre 2025, l’IGPN dispose d’une délégation nationale anticorruption chargée de travailler notamment avec les services spécialisés contre la criminalité organisée et la délinquance financière. La police développe également des outils capables d’analyser les consultations effectuées dans certains fichiers sensibles afin de repérer des comportements atypiques, comme des recherches sans rapport avec les fonctions de l’agent. Cette surveillance automatisée doit permettre de passer d’un système reposant principalement sur les signalements à une détection plus proactive. Le défi est considérable : protéger les bases policières sans entraver le travail quotidien des enquêteurs, tout en identifiant suffisamment tôt les agents susceptibles d’être approchés ou recrutés par des organisations criminelles. La progression des dossiers de probité devient ainsi moins un sujet marginal de discipline interne qu’un enjeu directement lié à la capacité de l’État à lutter contre le narcotrafic et la criminalité organisée.

Repères complémentaires vérifiés : le rapport précédent de l’IGPN faisait déjà des atteintes à la probité un axe prioritaire et annonçait la création de la délégation nationale anticorruption ainsi que le développement de nouveaux outils de détection des consultations indues de fichiers. Le ministère de l’Intérieur constate par ailleurs une hausse générale de 16 % des atteintes à la probité enregistrées en France en 2025, toutes professions confondues. leparisien.fr

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