À Dunkerque, un faux bac + 8 fait tomber un haut cadre territorial
À Dunkerque, un faux bac + 8 fait tomber un haut cadre territorial

Le dossier s’ouvrira lundi devant la cour d’assises des Bouches-du-Rhône, à Aix-en-Provence, et il s’annonce lourd, éprouvant, emblématique. À 47 ans, Cyril Zattara, professeur de danse rock et hypnothérapeute sans diplôme reconnu, devra répondre d’accusations de viols sur quatorze femmes, commis sur près d’une décennie. En détention provisoire depuis presque cinq ans, l’homme est soupçonné d’avoir drogué ses victimes avant de les agresser sexuellement, souvent dans un cadre intime, parfois sous couvert de séances d’hypnose, parfois au détour de relations amicales ou affectives.

Un mécanisme d’emprise minutieusement installé

Les enquêteurs décrivent un schéma récurrent, presque clinique. Un verre partagé, un somnifère glissé discrètement, puis la perte de repères. Les femmes se réveillaient désorientées, nauséeuses, parfois dévêtues, avec des souvenirs fragmentaires que l’accusé attribuait à l’hypnose ou à l’alcool. Les analyses médicales ont pourtant mis en évidence la présence de benzodiazépines, notamment du zolpidem, un puissant hypnotique. Les images retrouvées sur ses supports numériques ont achevé de lever le doute, montrant des victimes dans un état de profonde léthargie au moment des faits. Dix-neuf parties civiles se sont constituées, certaines ayant entretenu avec lui des relations de confiance, ce qui rend le choc d’autant plus violent.

Le procès s’ouvre dans un contexte marqué par une prise de conscience collective accrue autour de la soumission chimique. Les avocats des victimes évoquent une stratégie préparée, patiente, nourrie par la proximité et la manipulation. Une demande de huis clos pourrait être formulée dès l’ouverture des débats, afin de protéger la parole des femmes concernées. L’affaire fait écho à d’autres procès récents qui ont profondément marqué l’opinion publique et interroge, une nouvelle fois, sur les failles dans l’encadrement de pratiques thérapeutiques non réglementées et sur l’accès aux médicaments détournés à des fins criminelles. Jusqu’au 20 janvier, la cour devra démêler l’ampleur des faits et mesurer la responsabilité d’un homme qui reconnaît aujourd’hui une partie des crimes, tout en laissant derrière lui un sillage durable de vies brisées.

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