Affaire French Bukkake : un procès aux assises pour le premier grand dossier de violences sexuelles dans le porno amateur
Affaire French Bukkake : un procès aux assises pour le premier grand dossier de violences sexuelles dans le porno amateur

La justice française s’apprête à examiner devant une cour d’assises l’affaire de la plateforme pornographique French Bukkake, un dossier inédit qui pourrait marquer un tournant dans le traitement judiciaire des violences sexuelles commises dans l’industrie du porno amateur. La décision constitue une victoire pour de nombreuses parties civiles qui réclamaient depuis plusieurs années la reconnaissance des circonstances aggravantes de sexisme et de racisme dans les faits dénoncés.

L’affaire concerne des tournages réalisés entre 2015 et 2020 et vise seize personnes, parmi lesquelles les dirigeants de la plateforme aujourd’hui fermée, plusieurs acteurs ainsi qu’un recruteur présumé. Les plaignantes dénoncent des viols, des agressions sexuelles et des pratiques imposées sans leur consentement lors de productions pornographiques. Initialement, les juges d’instruction avaient ordonné un renvoi devant la cour criminelle départementale, une juridiction compétente pour juger certains crimes sans jury populaire.

La reconnaissance de violences aggravées au cœur du procès

Contestant cette orientation, plusieurs dizaines de parties civiles avaient saisi la justice afin que soient retenues les circonstances aggravantes liées au caractère sexiste et raciste des violences dénoncées. Dans un arrêt rendu en 2025, la Cour de cassation avait estimé que ces éléments devaient être examinés, relevant notamment l’utilisation répétée d’insultes à caractère sexiste et raciste durant les tournages. La haute juridiction avait également considéré que les faits reprochés pouvaient s’inscrire dans un contexte plus large d’exploitation à caractère proxénète.

Le renvoi devant les assises expose désormais les accusés à des peines criminelles plus lourdes, pouvant dépasser vingt ans de réclusion. Pour les avocats des parties civiles, ce procès représentera un moment majeur dans la reconnaissance des violences sexuelles au sein de l’industrie pornographique et pourrait contribuer à faire évoluer le regard porté sur les conditions de production de certains contenus diffusés en ligne.

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