Affaire Émile: ses parents brisent le silence et dénoncent les fuites de l'instruction
Affaire Émile: ses parents brisent le silence et dénoncent les fuites de l'instruction

Difficile d’imaginer ce que signifie vivre avec une enquête en cours et voir, en prime, des morceaux de procédure s’étaler au grand jour. Les parents du petit Émile, Marie et Colomban Soleil, sortent de leur réserve dans une tribune publiée dans le Journal du dimanche. Ils y dénoncent des « innombrables et scandaleuses violations du secret de l’instruction » autour du dossier de la disparition puis de la mort de leur fils, une prise de parole rare, lourde, presque à contrecoeur.

Au fil du texte, le couple assure que des éléments du dossier circulent depuis des mois, fragilisant selon eux le travail de la justice et exposant leur famille à une pression médiatique continue. Leur inquiétude est double: d’un côté, la sérénité de l’instruction, de l’autre, l’intimité d’un foyer déjà fracassé. Le lecteur le comprend vite, il ne s’agit pas seulement d’un débat technique sur la procédure, mais d’une bataille pour garder un minimum de contrôle quand tout échappe.

Une publication contestée au cœur d’une enquête sensible

Dans leur viseur, un livre récent du journaliste Valentin Doyen, accusé de relayer des informations « invérifiables » et des spéculations. Les parents estiment que l’ouvrage ne repose pas sur une enquête autonome mais sur des fragments d’une procédure en cours, pourtant réputée secrète. Ils vont plus loin: publier ce type d’éléments, écrivent-ils en substance, revient à donner des signaux à d’éventuels acteurs du dossier, des informations qu’ils n’auraient pas dû connaître.

Rappel des faits, têtus et glaçants. Émile, 2 ans et demi, avait disparu le 8 juillet 2023 au hameau du Haut-Vernet, dans les Alpes-de-Haute-Provence, alors qu’il se trouvait chez ses grands-parents. Le 30 mars 2024, une randonneuse avait découvert des ossements près du hameau, identifiés ensuite comme ceux de l’enfant. En mars 2025, le procureur d’Aix-en-Provence Jean-Luc Blachon avait indiqué que les expertises concluaient à un « traumatisme facial violent » et à une « probable intervention d’un tiers ».

Une enquête fragilisée par les révélations et les tensions médiatiques

Ces derniers mois, l’enquête a aussi connu des séquences très visibles: en 2025, les grands-parents d’Émile et deux de leurs enfants majeurs ont été placés en garde à vue pour « homicide volontaire » et « recel de cadavre » avant d’être relâchés au bout de quarante-huit heures, faute de charges suffisantes selon le magistrat. Les enquêteurs ont également réalisé 106 prélèvements ADN auprès de personnes présentes près du hameau au moment de la disparition. Dans ce contexte, les parents redoutent que les fuites répétées « fassent échec » à la recherche de la vérité, comme si l’enquête devait lutter sur deux fronts: le terrain et le bruit.

Au delà de la procédure, leur tribune sonne comme un rappel à l’ordre, presque un cri contenu: « nous sommes ceux qui avons perdu notre petit garçon », écrivent-ils, excédés par la transformation de leur enfant en objet public. Reste une question, silencieuse mais tenace: l’instruction saura-t-elle avancer avec la rigueur nécessaire, alors que chaque fuite ajoute une couche de soupçons, de commentaires et d’ombres sur un dossier déjà miné.

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