Sur la frontière franco-italienne, le contrôle ne se résume pas à un coup d’oeil sur un passeport. Dans les trains en provenance d’Italie, la police aux frontières interpelle chaque jour des personnes en situation irrégulière, vérifie les identités, consulte des fichiers, mène des entretiens quand un récit accroche ou qu’une incohérence sonne faux. Et quand un profil fait lever un sourcil, le dossier peut partir plus loin, vers les services compétents, si un lien avec la radicalisation ou des faits en rapport avec le terrorisme apparaît.
Une cellule unique, 30 enquêteurs et des signalements au renseignement
Dans les Alpes-Maritimes, une unité spécialisée de la PAF, présentée comme unique en France, concentre ce travail de sélection au scalpel. Trente enquêteurs formés par la sécurité intérieure se relaient sept jours sur sept, au même endroit, avec un objectif assumé par le chef de service local, Vincent Kasprzyk: repérer ceux qui pourraient « passer entre les mailles du filet » et « signaler les profils qui nous semblent à risque ». Ce n’est pas une chasse à l’homme, c’est une mécanique administrative et policière, discrète mais structurée, qui s’inscrit dans le cadre des contrôles aux frontières intérieures rétablis par la France depuis 2015.
Un cas suivi sur place illustre la logique. Un ressortissant algérien, sans documents, est contrôlé après une interpellation dans un train alors qu’il tente d’entrer en France, les empreintes révèlent plusieurs identités et un passé déjà connu, avec notamment des faits d’apologie du terrorisme selon les échanges rapportés. Le signalement est fait, l’homme est remis aux autorités italiennes, chargées d’organiser son renvoi vers l’Algérie. Depuis la création de la cellule, environ 3 000 migrants y seraient passés et 15% auraient fait l’objet d’un signalement, un chiffre qui dit autant la vigilance affichée que le dilemme permanent d’une frontière intérieure: tenir la ligne sans prétendre que la menace vient seulement d’ailleurs.
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