Le grand tétras sort du cadre des espèces susceptibles d’être chassées en France. Un décret publié mardi 6 octobre le retire de la liste des espèces soumises à gestion adaptative, tirant les conséquences de son classement comme espèce strictement protégée en septembre. Le texte entre en vigueur mercredi. Également appelé grand coq de bruyère, cet oiseau de montagne bénéficiait déjà d’une interdiction temporaire de chasse, décidée en 2022 pour cinq ans. Son nouveau statut inscrit désormais sa protection dans un cadre durable.
L’arrêté du 3 septembre 2026 a également placé le lagopède alpin, ou perdrix des neiges, parmi les oiseaux protégés. Ce classement interdit notamment leur destruction, leur capture et leur enlèvement. La protection concerne aussi leurs œufs, leurs nids, leurs sites de reproduction et leurs aires de repos. Elle dépasse donc la seule question de la chasse pour s’étendre aux lieux indispensables à leur survie. Aucune nouvelle espèce n’avait rejoint cette liste nationale depuis 2009.
Une protection renforcée face à plusieurs menaces
Selon la Ligue pour la protection des oiseaux, les effectifs du grand tétras ont diminué de près de 80 % depuis 1960 dans les Pyrénées. L’espèce y subsiste sous forme de populations fragiles, tandis que quelques noyaux résiduels demeurent dans le Jura et les Vosges. Le réchauffement climatique réduit progressivement les habitats favorables à ces oiseaux. Le dérangement provoqué par les activités humaines en montagne et l’artificialisation des milieux accentuent les pressions. Le statut de protection répond ainsi à un déclin dont les causes dépassent les prélèvements par la chasse.
La situation dans les Vosges illustre la difficulté à restaurer les populations. Un programme de réintroduction lancé en 2024 ne sera pas poursuivi après la mort de la quasi-totalité des oiseaux relâchés. La ministre de la transition écologique, Monique Barbut, avait présenté la nouvelle protection comme un moyen de stabiliser les effectifs, avec l’espoir d’une reprise. L’évolution réglementaire constitue une étape, mais le rétablissement de l’espèce dépendra aussi de la préservation de ses habitats et de la réduction des perturbations dans les secteurs où elle demeure présente.

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