Grégory Bakian est de retour. A contre-courant de l’ère du tout streaming, le chanteur franco-arménien dévoile un deuxième EP, 7 titres, intitulé « Passion », uniquement disponible en vente physique sur son site Internet. 2 titres inédits et un cover de Charles Aznavour figurent sur cet nouvel opus. L’artiste, désormais appelé « Bakian », fourmille de projets : il met en place actuellement sa tournée « Bakian chante Aznavour » (à partir de janvier 2026), prépare un album au printemps 2026 avant son grand concert à l’Olympia, le 5 octobre 2026.
« J’ai dû foirer tous les castings de ma vie ! Et gagner tous les concours de chants auxquels j’ai participé »
Thibaud Vézirian. A l’ère du streaming, vous avez fait le choix de sortir un EP en physique, cette décision surprend, tant elle apparaît à contre-courant…
Bakian. Ça a pourtant été assez naturel pour moi. Et le fruit d’une réflexion rapide : ma communauté de fans reste très attachée aux supports physiques. C’est un peu collector et le son est meilleur que sur les plateformes de streaming, où il est très compressé. Le marché du streaming reste encore très aléatoire et pas forcément rémunérateur du travail des artistes. En streaming, il faut dépasser les 2 ou 3M de streams pour commencer à en vivre. Les rappeurs y arrivent, avec un gros rythme de production de morceaux, une sorte d’usine à gaz avec une mécanique très commerciale, ce qui n’enlève en rien à la qualité. Mais avoir 3M de streams aujourd’hui, c’est compliqué. Mon public n’a pas 13 ans. Cela équivaut à vendre une centaine d’EP en physique. De par mon registre musical, je ne serai jamais parmi les plus gros streameurs. Les réflexes sont différents. Je suis plus dans l’esprit d’artistes comme Vianney, Slimane Kendji Girac.

« L’Olympia, c’était du domaine du rêve »
Objectif Olympia, le 5 octobre 2026, la billetterie vient d’ouvrir. C’est un rêve d’enfant que vous réalisez ?
Ca ressemble à un objectif ultime. Je me souviens être allé voir Patrick Fiori à l’Olympia, j’avais 13 ans. C’était peu après Notre Dame de Paris. Quand j’ai mis les pieds là-bas, j’avais pris une claque. Je m’étais dit que c’était magique et que ce serait merveilleux de s’y produire un jour. Je commençais à peine à chanter, par passion et pur plaisir. C’était du domaine du rêve. À 17 ans, j’ai commencé à y croire vraiment : victoire à à l’étape « Graine de Star » régionale. J’ai chanté « Le temps des cathédrales » et je me qualifie devant 500 candidats pour aller défendre mes chances à la télévision. Mais la production appelle à la maison, je m’en souviens tristement car malheureusement, on m’annonce que l’émission s’arrête ! J’étais en larmes. Gros sentiment d’injustice. Thierry Ardisson a décidé d’arrêter de produire.
J’ai essayé « A la recherche de la Nouvelle Star », première édition. 30 000 candidats au Parc Chanot à Marseille, ils n’en prenaient que 100. Et j’étais dedans ! J’avais 17 ans, je fais la finale à Paris sans finir top 10 mais environ top 20 sur 60 000 jeunes. Jonatan Cerrada avait gagné. L’exercice du concours de chant sur une scène, ça me mettait à mon avantage. Celui du casting, moins. Convaincre en 30 secondes sans public, c’est trop glacial pour moi, j’étais très mauvais. J’ai dû foirer tous les castings de ma vie ! Et gagner tous les concours de chants auxquels j’ai participé.
Et après mes premiers cachets, mes premières scènes parisiennes dans les années 2010, je me suis convaincu d’en faire mon métier. J’ai rempli l’Alhambra, le Palace, le Casino de Paris… C’est alors devenu plus un objectif qu’un rêve de faire l’Olympia. Cela s’est fait petit à petit, comme en sport, on accroche un club de National, on vise la L2 puis pourquoi pas la L1 et l’Europe. C’est incroyable.

L’ombre de Charles Aznavour
La collaboration la plus marquante de votre vie est celle avec Charles Aznavour. Il a accompagné votre carrière. Et vous préparez une tournée, « Bakian chante Aznavour », comment cela va se présenter ?
C’est un grande tournée, les répétitions débuteront à Paris en octobre, pendant 150 heures environ. Puis la tournée s’organise à partir de janvier 2026 dans toute la France. Un challenge gigantesque. Reprendre ce répertoire est d’une difficulté sans nom. Ses mélodies, sa richesse harmonique, ses chansons longues, c’est un registre délicat, un défi immense. Mais assez logique aussi, je fais partie des rares artistes français à avoir travaillé avec lui. J’ai reçu deux titres cadeaux de sa part, plus un titre co-signé qui sortira fin septembre 2025. Ayant eu la chance de le connaître, je souhaite avant tout lui rendre hommage. Charles aurait eu 100 ans 2024, le film Monsieur Aznavour est sorti récemment, un cover de « Désormais » est sorti il y a 3 mois. Tout cela a du sens.
Dans mon spectacle, vous trouverez des morceaux inédits conçus avec Charles Aznavour et des titres inédits de mon nouvel album prévu pour le printemps 2026. Sur scène avec moi, 4 musiciens, guitare, basse, batterie et violon. Un peu plus d’1h30 de show. Ce ne sera pas un « tribute », ni une imitation mais un spectacle très personnel. Avec ma sensibilité. Un vrai hommage d’un artiste à Charles Aznavour.
Ce lien avec Charles Aznavour, vous pouvez nous en dire plus ?
Mischa Aznavour était mon éditeur chez Raoul Breton Editions. En lui faisant écouter une démo de ma voix, il m’a permis d’être écouté puis validé par son papa. Charles m’a reçu le lendemain dans sa salle de répétition, à la fin des années 2000. Ce titre est devenu « L’adolescence ». Il m’a offert un deuxième « Je t’aime à en crever », et après ces deux premiers cadeaux, je n’en dis pas plus mais une surprise arrive à la rentrée. Il y a un peu plus de 15 ans. On avait fait une maquette piano-voix…

Les propos « peu élégants » d’Emmanuel Petit
Ex-pilote, on t’aperçoit aussi sur les terrains de football pour des matchs caritatifs mais également auprès d’Emmanuel Petit, qui figure parmi tes producteurs. Le sport reste une grande passion ?
J’essaye de trouver le temps. Le sport reste hyper important, c’est de l’entretien physique et mental. Le milieu de la musique n’est pas toujours très sain, mais le sport reste indispensable à ma vie, mon bien être. C’est dur de pratiquer facilement le sport automobile, donc je participe à des événements de temps en temps, comme « C’est eux les champions » en Provence, où j’étais parrain de l’événement. Depuis 2015, je joue à Monaco pour l’événement « Star team for the Children », aux côtés de personnalités, pilotes comme Fernando Alonso, anciens footballeurs… des moments fabuleux, magiques. J’ai arrêté ma carrière de pilote de compétition mais le sport reste capital pour moi.
On vous voyait proche d’Emmanuel Petit, c’est moins le cas…
Ça a été une très belle rencontre, en 2014. Il m’a apporté son soutien, il a intégré Seiya records, notre label, en tant qu’associé. Au fil du temps, on s’est lié d’amitié. Mais c’est vrai que depuis quelques temps, on est moins proches. Manu a pris des distances pour des raisons qui lui appartiennent : avec des propos peu élégants, de quelqu’un à fleur de peau (NDLR : Emmanuel Petit avait expliqué publiquement sur RMC ne plus vouloir entendre parler de Grégory). On le connaît dans ses excès de gentillesse et de générosité. Et l’inverse, aussi. C’est quelque chose qui l’accompagne depuis beaucoup d’années, due à des moments de sa vie très difficiles. Ce que je préfère, c’est garder les bons moments partagés, les bons souvenirs. Même si je regrette les propos tenus, qui ne se basaient sur aucun fondement. Il n’y a jamais rien eu de grave entre nous. J’aurais compris qu’il décide d’avoir d’autres priorités dans sa vie, mais quand on a partagé d’aussi grands moments, c’est toujours bien de faire les choses autrement, proprement. Je lui souhaite le meilleur. Sur le moment ça a été difficile, c’est vrai. La demi- mesure n’est pas sa qualité première…
La billetterie de l’Olympia (5 octobre 2026) est ouverte : https://www.olympiahall.com/agenda/bakian/