Un chanteur vénézuélien libéré après des mois dans une prison du Salvador : « Je suis enfin libre »
Un chanteur vénézuélien libéré après des mois dans une prison du Salvador : « Je suis enfin libre »

Après plusieurs mois de détention dans l’une des prisons les plus redoutées du Salvador, le chanteur vénézuélien Arturo Suarez a retrouvé les siens à Caracas, accueillant sa libération avec émotion et soulagement. « Je suis enfin libre, Dieu merci », a-t-il déclaré lundi soir, des larmes dans les yeux, alors qu’il retrouvait sa sœur, sa tante et ses cousins dans le quartier populaire d’El Valle, au sud de la capitale vénézuélienne.

Arturo Suarez est l’un des premiers des plus de 250 Vénézuéliens rapatriés du Salvador vers le Venezuela la semaine dernière. Il avait été arrêté en février dernier en Caroline du Nord, aux États-Unis, alors qu’il tournait un clip vidéo. Les autorités américaines l’avaient accusé d’appartenir au gang criminel transnational Tren de Aragua, une affirmation qu’il a toujours catégoriquement niée.

Le chanteur, encore bouleversé par cette épreuve, a entonné une sérénade improvisée pour ses proches rassemblés dans le salon familial, avant de s’entretenir par visioconférence avec sa femme et sa fille installées au Chili. « Je n’arrive toujours pas à y croire », a-t-il confié à sa famille. Sa femme a indiqué que Suarez était parti aux États-Unis pour tenter de faire décoller sa carrière musicale, et qu’il n’avait aucun lien avec le gang incriminé.

L’expulsion massive des Vénézuéliens vers le Salvador, initiée par le président américain Donald Trump, s’est appuyée sur une ancienne législation : la loi de 1798 sur les ennemis étrangers. Cette mesure controversée a permis aux autorités américaines d’écarter les procédures d’immigration habituelles pour expulser des ressortissants soupçonnés d’appartenir au Tren de Aragua. Elle a suscité une vive controverse et déclenché une bataille judiciaire opposant l’administration Trump à plusieurs organisations de défense des droits humains.

De nombreux proches et avocats des hommes expulsés ont rejeté en bloc les accusations, dénonçant des arrestations arbitraires sans preuve concrète. Ils soulignent que certains de ces détenus n’avaient aucun antécédent criminel et que leur seul tort semblait être leur nationalité ou leur profil social.

Le cas d’Arturo Suarez illustre les conséquences humaines de cette politique expéditive. Si le chanteur savoure aujourd’hui sa liberté retrouvée, il reste marqué par une détention qu’il qualifie de traumatisante. « J’ai pensé à ma fille, à ma femme, à mes frères et sœurs, à ma famille. J’ai demandé la force de ne pas abandonner », a-t-il raconté, ému. Pour lui et bien d’autres, le retour au pays marque la fin d’un cauchemar, mais aussi le début d’un lent processus de reconstruction.

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