Lors d’un concert à Cardiff, le 12 juillet 2025, Stevie Wonder a tenu à répondre avec émotion — et fermeté — à une théorie absurde mais persistante : celle qui prétend que sa cécité serait simulée. À 75 ans, le musicien américain a préféré une déclaration publique sincère à une énième pirouette humoristique, pour rappeler une bonne fois pour toutes la réalité de son handicap.
Une mise au point solennelle face à une rumeur absurde
Sur la scène du festival gallois Blackweir Fields, l’auteur de “Superstition” a pris la parole devant des milliers de spectateurs. Dans une séquence captée par des fans et très relayée depuis sur les réseaux sociaux, il s’est exprimé ainsi : « Je dois vous dire quelque chose que j’ai longtemps gardé pour moi. La vérité, c’est que peu après ma naissance, je suis devenu aveugle », a-t-il déclaré. Avant d’ajouter, avec une philosophie qui le caractérise depuis toujours : « Aujourd’hui, c’est une bénédiction. Cela m’a permis de voir le monde à travers la vérité et la clarté, de percevoir les gens pour ce qu’ils sont dans leur esprit, pas selon leur apparence. »
Né prématuré en mai 1950 dans le Michigan, Stevie Wonder a en effet perdu la vue dans ses premiers jours de vie en raison d’une rétinopathie du prématuré, une pathologie causée par un excès d’oxygène dans la couveuse — une des premières causes de cécité infantile selon la Haute Autorité de Santé. Il avait déjà évoqué cette réalité dans plusieurs interviews, notamment dans le New York Times en 1975, où il expliquait avoir fait de son handicap une force créative. Mais l’artiste, souvent moqué ou soupçonné à tort, a préféré cette fois une réponse sérieuse et frontale.
Un artiste mythique, entre autodérision et résilience
Ce n’est pas la première fois que Stevie Wonder évoque les rumeurs autour de sa cécité. En 2015, invité du Late Show de David Letterman, il s’était amusé à en rire, énumérant avec ironie les avantages d’être aveugle — y compris celui de “faire croire qu’on ne voit rien alors que c’est vraiment le cas”. Une réponse pleine d’autodérision, à l’image de son rapport apaisé à son handicap.
Dans un podcast diffusé récemment, il racontait aussi avoir consolé sa propre mère dès l’enfance, alors qu’elle pleurait sur son sort : « Je lui ai dit : ‘Maman, ne pleure pas. Peut-être que Dieu m’a réservé quelque chose de plus grand.’ » Une phrase prémonitoire pour celui qui a depuis remporté 25 Grammy Awards et vendu plus de 100 millions d’albums à travers le monde.
La tournée européenne de Stevie Wonder, baptisée Love, Light and Song, l’a mené à Cardiff, Manchester, Birmingham et Lytham, avant un passage remarqué au BST Hyde Park de Londres. Ce concert londonien, partagé avec des artistes comme Ezra Collective, Corinne Bailey Rae et Thee Sacred Souls, a confirmé une chose : malgré l’âge et les années, Stevie Wonder reste une figure incontournable, aussi lumineuse sur scène que dans ses prises de parole.