Un extrait musical non publié, partagé par Lizzo sur les réseaux sociaux, lui vaut aujourd’hui une plainte pour atteinte au droit d’auteur. La chanteuse américaine est visée par une action en justice engagée par GRC Trust, qui l’accuse d’avoir utilisé sans autorisation un morceau du groupe soul Windy City.
Une vidéo virale, une chanson non commercialisée
L’affaire remonte à l’été 2025. Lizzo publie alors une courte vidéo sur Instagram et TikTok dans laquelle on la voit laver une voiture, vêtue d’un mini-short en jean. En fond, elle interprète un extrait inédit de chanson dans lequel elle chante : « I got good jeans like I’m Sydney », une phrase à double sens inspirée d’une campagne publicitaire de la marque American Eagle avec l’actrice Sydney Sweeney. Le slogan « Sydney has great jeans » y jouait volontairement sur l’ambiguïté phonétique entre « jeans » (pantalons) et « genes » (gènes).
Selon GRC Trust, la musique entendue dans cette séquence reprend des éléments de Win or Lose (We Tried), une ballade soul sortie dans les années 1970 par le groupe Windy City. L’entreprise, qui détient les droits du titre, affirme dans sa plainte déposée mardi 21 octobre que l’utilisation du sample a été faite sans leur autorisation.
Une chanson jamais sortie mais déjà problématique
Bien que la chanson n’ait jamais été officiellement publiée ni monétisée, GRC Trust réclame à Lizzo des dommages et intérêts équivalents aux profits indirects supposément générés par l’extrait viral, ainsi que la suspension de toute future diffusion. D’après la plainte, des discussions avaient été entamées entre les représentants des deux parties, mais sans aboutir à un accord.
Une porte-parole de Lizzo a réagi auprès de l’AFP, en déclarant que l’artiste était « surprise » par la procédure judiciaire. Elle précise que « la chanson n’a jamais été commercialisée ou monétisée » et qu’aucune décision n’a été prise quant à une sortie future. L’extrait, largement partagé en ligne, avait profité de la controverse entourant la publicité d’American Eagle, qui avait été critiquée pour son sous-entendu jugé eugéniste. L’actrice Sydney Sweeney, au cœur de la campagne, y apparaissait en denim, affichant une pancarte où le mot « genes » était barré au profit de « jeans ».
La polémique avait même pris une tournure politique : le président américain Donald Trump, via ses réseaux sociaux, avait soutenu l’actrice, décrivant la campagne comme « la plus hot du moment », tout en rappelant que Sydney Sweeney est « une républicaine enregistrée ».
L’affaire souligne à nouveau les tensions croissantes entre création virale et droits musicaux, à l’heure où un simple extrait publié sur un réseau social peut rapidement déclencher une tempête judiciaire.