Dix-huit ans après avoir soutenu Nicolas Sarkozy, Faudel livre enfin ses remords dans une interview poignante. Le chanteur révèle un conseil prophétique de Johnny Hallyday qu’il n’a pas su écouter, un avertissement qui aurait pu lui éviter la chute vertigineuse de sa carrière.
Le jour où tout a basculé
Nous sommes le 6 mai 2007, place de la Concorde. Nicolas Sarkozy vient d’être élu président et Faudel s’apprête à monter sur scène pour célébrer la victoire. Alors qu’il effectue les balances, une scène cruciale se joue. « Johnny était là. À un moment, je l’ai vu monter dans sa voiture avec Laeticia et ils se sont arrêtés près de moi », se souvient Faudel dans Paris Match. Le rockeur, instinctif, lui lance alors : « Je ne le sens pas ce truc. Tu ne devrais pas rester là. »
Mais le chanteur de 29 ans, alors au sommet de sa gloire, ignore l’avertissement. « Je ne l’ai pas écouté. J’aurais dû. Ce n’est pas pour rien qu’il était le taulier », reconnaît-il aujourd’hui, la voix chargée d’amertume. Une décision qui va sceller son destin.
La chute brutale
Les conséquences ne se font pas attendre. Le public de Faudel, majoritairement jeune et issu de l’immigration, lui tourne le dos. Sa tournée est annulée, sa maison de disques le lâche, le qualifiant soudainement de « non bankable ». La descente aux enfers est foudroyante pour celui qui incarnait quelques mois plus tôt le succès et l’intégration.
Avec le recul, l’artiste analyse froidement la situation : « J’ai été utilisé comme « l’Arabe de service », je le sais. Pas forcément par lui, mais par ses équipes. » Une amère prise de conscience pour celui qui croyait défendre des valeurs d’égalité des chances. Aujourd’hui installé au Maroc, Faudel assume ses choix tout en reconnaissant avoir « payé le prix fort » d’avoir été précurseur. Preuve que dans le show-business, certains conseils valent de l’or.