Alors que Sarah Knafo a annoncé ce mardi qu’elle se retirait de la course à la mairie de Paris, elle a adressé un long message sur X afin de justifier son choix.
Très fière de son parcours et des 10% obtenus, elle a affirmé vouloir tenir son engagement, à savoir battre la gauche. Dati refusant toute alliance, Sarah Knafo a donc pris son courage à demain en se désistant.
Découvrez son long message :
« Je veux publiquement remercier tous ceux qui se sont battus à mes côtés pendant cette magnifique campagne.
Mes chers amis, je vous écris du fond du cœur. Et pas seulement du fond de mon cœur, mais en parlant directement au vôtre, avec gravité, et en plaçant en vous toute la confiance et toute l’amitié qui nous unit, malgré les pièges que la politique nous tend, et malgré les moments de doute et d’inquiétude inhérents à notre mission. La sincérité et l’engagement ne vont pas sans risques, et la victoire finale n’appartiendra jamais aux frileux.
Vous savez comme moi, et mieux que personne, ce que nous avons vécu depuis deux mois. Vous savez la beauté de notre campagne municipale. Nul ne l’ignore. Toute la France en a parlé, tous les médias, tout le peuple parisien, et le peuple français tout entier : même nos adversaires les plus acharnés, même nos ennemis les plus hypocrites, ont rendu hommage à la qualité de notre travail, notre sérieux hors-normes, notre clarté, notre créativité. Dès le jour de notre lancement, nous avons changé le visage de cette compétition. Chaque jour, et jusqu’à la dernière minute de la course, nous avons été des modèles de transparence, de générosité et de professionnalisme. Vous avez été exemplaires et je vous suis tellement reconnaissante, de votre travail, de votre engagement, de vos efforts. MERCI !
Oserai-je dire que vous avez été les meilleurs ? J’ose, sans hésiter. Je sais que c’est également votre sentiment profond. Je sais que nous avons raison et que rien ni personne ne pourra jamais nous en faire douter. Cette campagne fut bel et bien, en tous points, extraordinaire et exemplaire.
10,40% des suffrages. Comme vous, je me suis dit que nous méritions un résultat encore bien supérieur : gagner la Mairie de Paris. Oui, nous le méritions plus que personne, par notre travail comme par la sincérité de notre combat. Et puis, bien vite, nous nous sommes rendu compte que 10,40% étaient en réalité une formidable félicitation : en à peine deux mois de campagne, nous avions réussi à imposer notre brillante présence dans le paysage politique, nous avons rallié à notre cause un très grand nombre de Parisiens, nous avons démontré que nous avions le meilleur programme, le meilleur chiffrage (le seul digne de ce nom !), les plus belles intentions pour la ville : les plus démocratiques et les plus crédibles. Sans démagogie, sans agressivité, sans vulgarité, sans jamais être médiocres. En somme, je me suis dit que nous avions réussi, et que ces 10,40% étaient une fantastique victoire sur le mensonge ambiant et la paresse généralisée. C’est même la plus grande des victoires : celle de l’intégrité. Mais, pour que cette victoire soit parfaite, il nous reste encore à la confirmer au second tour. C’est la raison de ce message que je vous adresse.
J’ai décidé, en mon âme et conscience, et après en avoir débattu avec tant de monde et vous avoir lus et écoutés, de ne pas nous faire concourir au second tour. Je sais la peine que cette décision occasionne en beaucoup de vos cœurs. C’est donc avec le plus grand respect que je veux vous expliquer ce choix douloureux.
Nous nous sommes engagés à chasser la gauche de Paris. Ce n’est pas un slogan destiné à séduire, ce n’est pas un élément de langage destiné à convaincre, c’est l’expression pure et simple d’un devoir politique, idéologique et moral. Le socialisme ne passera pas par nous : ni en pensée, ni par action, ni par omission. Si le malheur voulait que socialistes et communistes finissent par l’emporter, ce ne sera en aucun cas être de notre faute. Parce que ce combat ne tolère aucune tricherie, aucun zigzag idéologique ou moral, aucun petit arrangement personnel.
Quelles que soient les erreurs ou les fautes des autres formations de droite, ou supposés de droite, c’est à nous-mêmes que nous devons désormais rendre des comptes, et le seul critère à l’aune duquel nous devons nous juger est : avons-nous tout, réellement tout, absolument tout fait pour chasser la gauche de la mairie de Paris ? D’autres question se posent à coup sûr dans vos esprits, mais celle-ci doit toutes les dominer. La réponse à cette question décidera de notre destin dans les mois et les années à venir.
Ma réponse et donc simple : dans la situation qui est la nôtre aujourd’hui, il n’existe aucune autre solution honorable, conforme à ce que nous sommes, que de nous désister. Ma décision, je le sais, fera débat. Certains d’entre vous auront l’impression qu’on les force à baisser les bras, voire à capituler. Je veux leur dire que c’est tout le contraire ! Pour deux raisons. D’une part, rien ne serait pire que, par orgueil, de nous maintenir au risque de faire gagner la gauche. Car, les résultats du premier tour l’ont démontré : ce risque est immense, plus encore que ne le pensaient les sondeurs et les analystes. Chacune de vos voix jouera un rôle crucial.
D’autre part, parmi les mensonges qui nous avons été lancés au cours de cette campagne, « Sarah Knafo va faire gagner la gauche » a été le plus vicieux et le plus dangereux. Nous allons définitivement y mettre fin, avec toute l’autorité qui nous caractérise. Personne n’a le droit de nous salir. Personne ne nous salira. L’avenir du pays compte sur nous, et nous ne le décevrons en aucune manière. Nous ne laisserons rien, ni personne, ni à gauche, ni à droite, ni sur les plateaux de télévision, ni dans le QG des partis, ni dans les rues de la capitale, dire que nous sommes aussi bassement calculateurs que nos concurrents. Nous sommes debout, nous sommes droits, et nous le resterons. Bientôt, croyez-moi, nous nous en féliciterons.
J’espère vous avoir montré que nous ne devons pas hésiter, et que nous tirerions fierté de nous situer du bon côté du combat dimanche prochain. Nous montrerons que la droite ne peut pas se passer de nos 85 000 voix. Et que c’est bien là qu’il faut, cette semaine, placer notre espoir. Je me tiendrai à la disposition de ceux qui en doutent encore pour les convaincre. Je n’économiserai pas mon énergie pour leur rendre le sourire. Je suis là, je suis à vos côtés, dans les merveilleux moments que nous avons passés, comme dans les plus douloureux : ce n’est ni la première ni la dernière fois que nous aurons des décisions difficiles à prendre.
Courage, amis, nous avons franchi un immense pas depuis deux mois. Continuons. Ni pas de côté, ni reculade : en avant toute ! Soyons irréprochables, comme toujours, et nous serons récompensés. Nous le sommes déjà et il faut vouloir l’être encore. Ces 10,40% sont un trésor auquel nous allons donner une dimension nouvelle. Il n’appartient qu’à nous, à vous.
Je vous remercie, je vous applaudis, je vous dis à ce soir, et je vous embrasse.
Sarah »