Des pirates ont pris d’assaut jeudi un pétrolier battant pavillon maltais au large des côtes somaliennes, marquant la plus grave escalade d’actes de piraterie dans la région depuis 2024. Selon plusieurs sources de sécurité maritime, les membres d’équipage se sont réfugiés dans une salle sécurisée fortifiée appelée « citadelle » et conservent le contrôle du navire.
Le pétrolier, le Hellas Aphrodite, transportait de l’essence entre l’Inde et l’Afrique du Sud lorsqu’il a été pris pour cible par des assaillants à bord d’une embarcation légère. Ces derniers ont ouvert le feu et tiré une roquette sur le navire, sans faire de blessés. L’équipage, composé de 24 personnes — dont cinq Grecs, plusieurs Philippins et un capitaine monténégrin — est sain et sauf, selon le gestionnaire du navire, Latsco Marine Management.
La force navale de l’Union européenne, déployée dans la région, a indiqué qu’un de ses bâtiments se trouvait à proximité et prêt à intervenir. Un avion japonais a également survolé la zone sans repérer d’activité suspecte à bord du navire.
L’incident survient dans un contexte de recrudescence des attaques en mer dans le golfe d’Aden, une voie stratégique reliant la Méditerranée à l’océan Indien. Depuis 2024, plusieurs tentatives d’abordage ont été signalées, rappelant la période de forte activité des pirates somaliens des années 2010.
Des responsables de la sécurité maritime estiment que certains groupes armés utilisent désormais des navires de pêche détournés comme plateformes d’attaque, tandis que la tension reste élevée dans la région, notamment depuis la multiplication d’incidents impliquant des milices houthis en mer Rouge.
Les autorités internationales ont ouvert une enquête, tandis que les forces navales présentes dans la zone restent mobilisées pour sécuriser le trafic maritime dans cette région cruciale pour le commerce mondial.