Israël accepte une proposition de trêve à Gaza soutenue par les États-Unis, le Hamas réagit avec prudence
Israël accepte une proposition de trêve à Gaza soutenue par les États-Unis, le Hamas réagit avec prudence

Israël a donné son feu vert à une nouvelle proposition de cessez-le-feu temporaire formulée par les États-Unis pour mettre fin aux hostilités dans la bande de Gaza, a annoncé jeudi la Maison Blanche. Une avancée saluée par Washington mais accueillie froidement par le Hamas, qui a indiqué vouloir étudier le texte plus en détail avant de se prononcer formellement.

Le porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a confirmé que le gouvernement israélien « soutenait » la nouvelle proposition négociée par Steve Witkoff, l’envoyé spécial du président Donald Trump. Ce dernier avait exprimé plus tôt dans la semaine son optimisme quant à la possibilité de conclure un accord visant à mettre fin à la guerre entre Israël et le Hamas et à permettre le retour de certains otages.

Le Hamas, de son côté, a qualifié la proposition israélienne de tentative pour « perpétuer l’occupation et continuer les tueries et la famine ». Bassem Naim, un haut responsable du mouvement islamiste, a déclaré à l’Associated Press que le texte ne répondait à aucune des principales revendications du peuple palestinien, notamment l’arrêt complet de la guerre. Néanmoins, il a précisé que le Hamas examinerait la proposition « avec toute la responsabilité nationale requise ».

Le projet de trêve prévoit une pause de 60 jours dans les combats, pendant laquelle le Hamas remettrait 10 otages vivants ainsi que plusieurs corps en échange de la libération de plus de 1 100 prisonniers palestiniens, dont une centaine condamnés pour des attaques meurtrières. Le texte garantit également que les négociations vers une trêve durable se poursuivraient pendant cette période, avec l’engagement qu’Israël ne reprendra pas les hostilités après la libération des otages.

Des centaines de camions d’aide humanitaire seraient également autorisés à entrer chaque jour dans Gaza, où les experts humanitaires affirment que le blocus israélien de près de trois mois a poussé la population au bord de la famine, malgré un léger assouplissement récent.

Depuis l’attaque du 7 octobre 2023 menée par des combattants du Hamas en Israël, qui a fait environ 1 200 morts et 251 otages, les représailles militaires israéliennes ont tué plus de 54 000 Palestiniens selon les autorités sanitaires de Gaza. La grande majorité des deux millions d’habitants de l’enclave a été déplacée, et les infrastructures du territoire ont été en grande partie détruites.

Malgré la diminution des capacités militaires du Hamas, Israël craint qu’un cessez-le-feu permanent permette au groupe de se reconstituer. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, soumis à la pression de ses partenaires d’extrême droite, refuse de mettre fin à la guerre tant que tous les otages n’ont pas été libérés et que le Hamas n’a pas été démantelé. Il maintient également son projet de contrôler Gaza de manière indéfinie et d’encourager l’émigration de ses habitants — un plan largement rejeté par la communauté internationale.

Les négociations actuelles, menées avec la médiation de l’Égypte, du Qatar et des États-Unis, peinent à faire converger les positions des deux camps. Tandis qu’Israël veut une pause temporaire pour libérer les otages, le Hamas n’envisage leur libération qu’en échange d’un cessez-le-feu permanent et d’un retrait total des troupes israéliennes.

Alors que les pourparlers stagnent, la perspective d’une résolution durable du conflit israélo-palestinien semble plus éloignée que jamais. Le gouvernement israélien, le plus nationaliste de son histoire, rejette toute idée d’État palestinien, et les dernières négociations de paix remontent à plus de quinze ans.

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