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Détroit d’Ormuz : l’Iran et Oman en phase finale de négociations

Détroit d’Ormuz : l’Iran et Oman en phase finale de négociations
Détroit d’Ormuz : l’Iran et Oman en phase finale de négociations

Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a annoncé dimanche que les pourparlers avec Oman sur un nouveau corridor maritime dans le détroit d’Ormuz approchaient de leur conclusion, alors que Washington et Israël ont suspendu leurs frappes contre l’Iran dans l’attente d’un accord.

Les négociations entre Téhéran et Mascate sur le détroit d’Ormuz entrent dans leurs « dernières étapes », a déclaré Abbas Araghchi dans un message publié sur Telegram dimanche. Le chef de la diplomatie iranienne a précisé avoir présenté à son cabinet un rapport décrivant ces discussions comme « en voie de finalisation ».

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmail Baghaei, a apporté des précisions sur la nature de l’accord envisagé. Les deux pays cherchent à définir un itinéraire maritime distinct des couloirs existants, qui ne correspondrait ni à la route nord ni à la route sud. « Nous allons parvenir à une entente sur une route acceptable pour les deux parties, qui respecte les droits souverains de chacun et préserve nos intérêts nationaux et notre sécurité », a-t-il déclaré à la télévision d’État iranienne. Mascate n’a pas réagi dans l’immédiat.

Le détroit d’Ormuz, dont les eaux territoriales sont partagées entre l’Iran et Oman, représente un nœud stratégique majeur : environ 20 % de la consommation mondiale de pétrole y transite en temps normal. Depuis le déclenchement du conflit, l’Iran en a maintenu le contrôle de facto. Les frappes américaines et israéliennes avaient débuté le 28 février, visant le programme de missiles iranien, ses capacités nucléaires et ses réseaux de soutien à des groupes armés alliés. Un cessez-le-feu conclu en juin s’est effondré en quelques semaines, les combats reprenant en juillet sur fond de désaccord précisément autour des routes de navigation dans le détroit.

Baghaei a tenu à distinguer les deux dossiers : « Une entente entre l’Iran et Oman sur un nouveau corridor n’a rien à voir avec la question de la réouverture ou du maintien de la fermeture du détroit d’Ormuz. » Il a imputé la fermeture aux États-Unis, les accusant d’avoir violé leurs engagements et d’avoir imposé un blocus naval à l’Iran.

Le président iranien Masoud Pezeshkian a quant à lui affirmé que le mémorandum d’entente signé avec Washington constituerait la « pierre angulaire » de la politique étrangère de Téhéran. « Nous devons nous efforcer de contraindre l’ennemi à respecter ce qu’il a signé. La sécurité de notre pays, de la région et de nos alliés sera renforcée par ce mémorandum », a-t-il écrit sur X.

Le porte-parole de la commission de sécurité nationale du Parlement iranien, Hassam Ghashghavi, a confirmé que des médiateurs s’activaient pour relancer le mémorandum de juin, conscients qu’Ormuz restait le point central du litige. Une délégation iranienne pourrait se rendre à nouveau à Mascate dans le cadre de cette diplomatie en cours.

Ces déclarations interviennent au lendemain d’une annonce de Donald Trump, qui a indiqué tôt dimanche que les États-Unis et Israël avaient accepté de suspendre de nouvelles frappes contre l’Iran, à condition qu’un accord soit conclu « rapidement ». Sur sa plateforme Truth Social, le président américain a précisé que cet accord devrait inclure « l’ouverture immédiate, complète et totale du détroit d’Ormuz » et mettre fin à la menace nucléaire iranienne. Il a ajouté qu’Israël s’associait à cet engagement.

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane avait appelé Trump par téléphone samedi pour l’exhorter à « privilégier le dialogue » et à « réduire l’escalade », selon l’agence de presse saoudienne. Le site américain Axios a rapporté que le prince héritier avait exprimé ses inquiétudes face aux projets de nouvelles frappes massives envisagées par Washington.

Depuis Téhéran, le correspondant Tohid Asadi a résumé la situation : l’Iran reçoit simultanément des signaux contradictoires de la part du président américain, oscillant entre menaces de confrontation et promesses d’un accord à portée de main. Téhéran répond sur le même registre ambigu, maintenant ouverte la voie diplomatique tout en affichant une préparation militaire complète à un nouveau round.

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